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La Commission scolaire de Montréal crée 200 postes, les syndicats en voudraient plus

C'est la première fois en cinq ans que la Commission scolaire de Montréal (CSDM) prévoit plus d'embauches que de compressions. Le plan d'effectif pour l'année 2018-2019 a été adopté à l'unanimité, mercredi soir, par le conseil des commissaires. Mais c'est encore trop peu pour les syndicats.

Première précision : le plan d'effectif ne s'applique pas aux enseignants, qui ont adopté leur nouveau contrat de travail il y a deux semaines. Il touche plutôt le personnel d'entretien, administratif et professionnel.

Sur les 193 postes qui seront créés au cours de la prochaine année, plus de 60 % le sont dans le secteur du personnel administratif : secrétaires, agents de bureau ou encore techniciens d'administration.

Pourtant, l'Intersyndicale de la CSDM, qui regroupe les cinq syndicats d'employés touchés touchés par ce plan d'effectif, n'est vraiment pas satisfaite. Elle dénonce la « surcharge toujours imposée » par l'employeur.

Le Syndicat des professionnels du milieu de l'éducation de Montréal (SPPMEM-CSQ), par exemple, dénonce la suppression d'une dizaine de postes, notamment chez les psychologues scolaires, et l'abolition du « Relais », un service ultraspécialisé pour les élèves en difficulté.

« On est toujours en déficit, constate son président, Michel Mayrand. Les années de vaches maigres qu'on a connues font en sorte qu'il y a des corps d'emplois qui sont plus pénalisés que les autres. »

Il montre du doigt « la subsidiarité, le fameux principe de la loi 105 qui fait que ce sont les directions d'école qui vont décider comment les ressources sont réparties à la commission scolaire ».

« On a le feeling que c'est vers ça qu'on va : vers moins de cohésion, une vision d'ensemble moins bien établie, et puis des directions d'école qui vont choisir ce qu'elles veulent pour leur établissement seulement, mais qui n'ont pas une vision globale de la commission scolaire », déplore M. Mayrand.

La CSDM confirme qu'avec la nouvelle loi, ce sont les écoles qui décident des services dont elles ont besoin, et non la commission.« Nos besoins sont grands parce qu'on a une augmentation de clientèle et qu'on a eu plusieurs années des compressions, explique sa présidente, Catherine Harel Bourdon. Mais on est contents des postes annoncés. »Pour bien desservir les 191 établissements de la CSDM, Mme Harel Bourdon estime toutefois qu'il faudrait 400 à 500 postes supplémentaires.

Un déménagement controversé

Par ailleurs, le dossier du déménagement du centre administratif de la CSDM, prévu mercredi soir au conseil des commissaires, a finalement été retiré de l'ordre du jour. Le conseil devait avaliser la décision de déménager le centre dans un immeuble de bureaux.

Le bâtiment, où travaillent 700 employés, est dans un mauvais état.

Les commissaires indépendants, qui sont au nombre de trois, estiment que tout le processus manque de transparence et réclament l'intervention de la vérificatrice générale du Québec, Guylaine Leclerc.

« C'est un dossier qui implique des dizaines – voire des centaines – de millions de dollars d'argent public, fait valoir la commissaire indépendante Violaine Cousineau. Ce dossier-là, il est traité de façon confidentielle depuis ses tout débuts, ici, à la Commission scolaire de Montréal. Donc on ne peut pas rendre publiques les raisons pour lesquelles on a des malaises avec certaines des orientations qui pourraient ou qui auraient pu être prises. Il n'y a pas moyen d'avoir cette discussion publique, alors on demande à la vérificatrice de venir, elle, jeter un coup d'oeil. »

Interrogée à ce sujet, Catherine Harel Bourdon n'a pas voulu expliquer la raison du retrait à l'ordre du jour ni commenter la demande des commissaires indépendants.

Avec la collaboration de Marie-Laure Josselin

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