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La Commission scolaire de Montréal veut plus d'argent et un statut particulier

Syndicats, parents et gestionnaires ont fait front commun, jeudi, pour décrire à quel point la situation de la Commission scolaire de Montréal (CSDM) « est insoutenable ». Ce qui justifie, à leurs yeux, l'obtention d'un statut particulier et l'octroi de quelque 36 millions de dollars supplémentaires de la part de Québec.

Réunies en conférence de presse à Montréal, tant la présidente de la CSDM, Catherine Harel-Bourdon, que celle de l'Alliance des professeurs de Montréal, Catherine Renaud, ont expliqué pour quelles raisons Québec doit considérer la CSDM comme un cas unique dans la province.

« On ne veut rien enlever aux autres régions », affirme Catherine Harel-Bourdon. Mais les besoins varient d'une commission scolaire à l'autre et ceux de la CSDM sont criants, dit-elle. 

Des dizaines de postes supprimés

Le printemps dernier, les compressions gouvernementales ont entraîné la suppression de dizaines de postes au sein de la CSDM, rappelle Catherine Renaud, de l'Alliance des professeurs. C'est à ce moment-là que les cinq syndicats présents au sein de la Commission scolaire - représentant un total de 15 000 employés - ont réclamé l'appui du conseil des commissaires. Leur but : faire valoir la spécificité des besoins de la CSDM.

Les commissaires ont emboîté le pas aux syndiqués. Puis ont suivi les gestionnaires et les regroupements de parents... si bien que neuf organisations de la CSDM font désormais partie de ce mouvement. 

Le moment est bien choisi, considère la présidente de la Commission scolaire. D'abord, le gouvernement de Philippe Couillard mène actuellement une grande consultation qui doit aboutir à ce que le gouvernement appelle une « politique de la réussite éducative ». Ensuite, il y aura bientôt des consultations prébudgétaires. 

Des compressions au centre administratif

L'an dernier, la CSDM est parvenue à injecter près de 28 millions de dollars de plus dans l'enseignement prodigué aux élèves à besoins particuliers. La CSDM a aussi versé presque 9 millions de dollars de plus pour les élèves en accueil ou en francisation, au primaire et au secondaire.

Cet argent ne provient pas du revenu alloué par le ministère de l'Éducation à la CSDM, précise Mme Harel-Bourdon : « Il provient de ce que la CSDM a réussi à recueillir en se serrant extrêmement la ceinture à son centre administratif. »

« On a coupé 20 % du personnel du centre administratif et on ne peut plus couper plus », ajoute-t-elle.

Quels enfants auront accès aux spécialistes?

En matière de diplomation, la CSDM fait piètre figure au Québec. Et les besoins en matière de formation professionnelle des jeunes et d'éducation aux adultes iront en grandissant. S'ils ne sont pas comblés, c'est tout le marché du travail dans la métropole qui en subira les conséquences, prévient Catherine Harel-Bourdon.

 « Il faut assurer à nos élèves une réelle égalité des chances », résume Catherine Renaud.

Pour l'instant, le ministre de l'Éducation, Sébastien Proulx, n'a pas encore réagi à la déclaration de ce mouvement. Les neuf organisations qui en font partie se réuniront à nouveau, mardi prochain, pour formuler des revendications communes, qui seront ensuite présentées au gouvernement.

Avec les informations de Marie-France Bélanger et de Louis de Belleval

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