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La commission scolaire s'invite dans la campagne électorale à Sainte-Marthe-sur-le-Lac

La Commission scolaire de la Seigneurie-des-Mille-Îles s'est immiscée dans la campagne électorale en demandant la mobilisation des citoyens afin que le conseil municipal lui cède un terrain pour une nouvelle école. Réplique de la mairesse sortante, Sonia Paulus : la Commission scolaire n'a pas fait ses devoirs.

Un texte de Francis Labbé

« Le printemps dernier, nous avons envoyé une lettre au conseil municipal de Sainte-Marthe-sur-le-Lac pour leur signifier notre besoin pour un terrain pour construire une nouvelle école, mais nous n'avons eu aucune réponse positive », explique Paule Fortier, présidente de la Commission scolaire de la Seigneurie-des-Mille-Îles (CSSMI).

Devant l'absence de réponse, la CSSMI a lancé un appel à la « mobilisation des citoyens », en pleine campagne électorale. Un geste qui n'a pas plu à Sonia Paulus, qui a qualifié cette sortie de « coup bas [cheap shot] ».

Manque d'espace

On manque de place pour les élèves dans les écoles de Sainte-Marthe-sur-le-Lac. Pas moins de 600 enfants de cette ville fréquentent en ce moment une école située dans une municipalité voisine, soit Saint-Joseph-du-Lac, Pointe-Calumet ou Deux-Montagnes.

Selon la CSSMI, la croissance démographique à Sainte-Marthe fait en sorte que, d'ici quelques années, il faudra faire de la place à 900 nouveaux élèves dans les écoles du secteur. Ce qui représente l'équivalent d'environ deux nouvelles écoles primaires.

« Il y a des enfants qui fréquentent des écoles spécialisées ou encore des programmes particuliers, mais essentiellement, nous aurons besoin d'une trentaine de classes supplémentaires », explique Roch-André Malo, directeur du Service de l'organisation scolaire.

Selon les données du dernier recensement de Statistique Canada, la ville de Sainte-Marthe-sur-le-Lac est la 12e au Québec en termes de croissance de sa population, avec un taux légèrement supérieur à 15 %.

Mais si l'on se fie à l'augmentation du nombre de nouveaux habitants en données absolues, la ville se situe plutôt en quatrième position au Québec, avec 2385 nouveaux résidents de 2011 à 2016.

« Le plan d'urbanisme [de Sainte-Marthe-sur-le-Lac] n'a pas prévu les besoins de scolarisation des enfants », affirme Paule Fortier.

Pas de terrain disponible

La mairesse sortante était hors d'elle lorsqu'elle a constaté la sortie de la CSSMI. « On nous demande, actuellement, à quelques jours des élections, de prendre une décision vite, vite. On demande aussi un terrain au sud du chemin d'Oka. Nous ne possédons qu'un seul terrain à cet endroit et la Ville projetait d'y aménager une piscine », explique Sonia Paulus.

Celle qui sollicite un quatrième mandat ajoute que, dans ce genre de situation, la Ville fait normalement l'acquisition d'un terrain à ses frais, pour ensuite l'offrir à la commission scolaire.

Le hic, selon Mme Paulus, c'est que la CSSMI a construit deux nouvelles écoles depuis 2013 sur le territoire de Sainte-Marthe-sur-le-Lac. « Ça nous a coûté, ces deux nouvelles écoles, un peu plus d'un million de dollars en acquisition de terrains et en travaux d'aménagement », dit-elle.

« Les payeurs de taxes ne savent pas que ce sont eux qui, en bout de ligne, [paient] tout ce que nous devons donner à la Commission scolaire », poursuit Sonia Paulus.

La mairesse sortante admet tout de même ne pas avoir prévu d'autres terrains pour des écoles, malgré le fait qu'il reste environ 25 % du territoire à développer.

« Est-ce qu'on n'aurait pas pu construire des écoles plus grandes quand on a planifié DesGrands Vents et Horizon-du-Lac? » demande Mme Paulus.

À la CSSMI, on explique que les demandes d'ajout d'espace et la prévision de clientèle se font à partir des prévisions du ministère de l'Éducation et que, jusqu'en 2016, le nombre de classes répondait aux besoins.

« Mais l'an dernier, on a dû faire des démarches parce qu'on a appris que de nouvelles rues s'ajoutaient à Sainte-Marthe-sur-le-Lac. À la lumière de ces nouvelles informations, nous avons refait nos prévisions d'espace. Nous nous sommes alors aperçus qu'il nous fallait demander des agrandissements et une nouvelle construction », explique Roch-André Malo, de la CSSMI.

Un tort partagé

Pour Louis Nadeau, candidat indépendant à la mairie de Sainte-Marthe-sur-le-Lac, la CSSMI aurait pu être plus prévoyante. « Pourquoi la Commission scolaire n'a pas demandé un terrain plus vaste quand ils ont fait construire l'école Horizon-du-Lac, inaugurée en 2017? »

« D'un autre côté, la Ville aussi savait qu'il y avait un manque d'espace. Je me demande alors pourquoi on n'a pas allumé nos lumières avant », se demande Louis Nadeau.

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