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La communauté juridique rêve d’un quartier de la justice à Montréal

Des voix plaident pour redonner à l'ancien palais de justice sa vocation judiciaire d'origine et le restaurer. La Fondation Lafontaine-Cormier mène cette bataille et a reçu le soutien de l'ensemble de la communauté juridique.

Le bâtiment situé au 155 rue Notre-Dame, à côté de l’actuel palais de justice, a été délaissé à la fin des années 60 et cédé à la Ville de Montréal pour la somme symbolique d'un dollar.

La Ville va d’ailleurs l’occuper sous peu, pendant les rénovations de l’hôtel de ville, mais pour la suite, l'avenir du bâtiment est encore incertain.

Le sénateur Serge Joyal, qui préside le comité administratif de la Fondation Lafontaine-Cormier, a une bonne idée de ce qu'il voudrait voir. « Je pense qu’on devrait saisir l’opportunité historique de ce consensus des tribunaux fédéraux et provinciaux pour occuper cet édifice et s’assurer de sa conservation pour 100 ans à venir », dit-il.

Certains se mettent donc à rêver d’un quartier de la justice, où l'on retrouverait la Cour d’appel, le palais de justice, la cour municipale et le vieux palais.

Actuellement, les tribunaux fédéraux occupent des locaux loués rue McGill, à Montréal, mais Ottawa souhaite investir plusieurs millions de dollars pour les loger de façon permanente. En attendant une décision de la Ville sur l’avenir du vieux palais, le bail a été prolongé.

Ces cours fédérales qui traitent les dossiers d’immigration, de relations de travail ou encore de douanes, n’occuperaient qu’une partie de l’édifice. « C’est trop pour la Cour fédérale, mais on pourrait se mettre d’accord avec le gouvernement du Québec pour que l’on puisse loger les services judiciaires de la Cour fédérale, de la Cour supérieure et de la Cour du Québec », dit Jacques Fournier, juge en chef de la Cour supérieure.

Pour la juge en chef de la Cour du Québec, Lucie Rondeau, cette solution permettrait de désengorger les tribunaux. « On a besoin de salles pour les règlements à l’amiable, pour des interrogatoires hors cours. Avoir des locaux qui sont plus polyvalents et qui peuvent être utilisés à différentes fins est toujours utile pour le justiciable », dit-elle.

Un bijou d’architecture

Le bien est classé immeuble patrimonial par le ministère de la Culture, Montréal est donc limité dans l’utilisation qu’elle peut faire du bâtiment.

La Ville a également consenti à une clause qui prévoit que si elle veut s’en départir, elle doit d’abord l’offrir au gouvernement du Québec. La facture pour les rénovations pourrait dépasser 70 millions de dollars.

L’équipe de Valérie Plante reconnaît qu’il s’agit d’un bijou d’architecture et d’histoire. À la suite d’une rencontre le 4 juin, les représentants de la Ville se sont engagés à faire savoir d’ici la fin du mois s’ils considéraient cette option de faire renaître le vieux palais.

Avec les informations de Solveig Miller

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