BILLET – L'Impact de Montréal fêtera un gros anniversaire à sa prochaine rencontre au stade Saputo. Vous l'aviez oublié? Moi aussi.

Lundi, ça fera 25 ans que le Bleu-blanc-noir, comme on ne l’appelait pas à l’époque, a disputé son premier match à domicile. Une victoire de 4-2 contre Tampa Bay au complexe sportif Claude-Robillard, si vous voulez tout savoir. Mais au lieu de commencer à souligner cet anniversaire, le club traverse une crise. Encore.

La défaite de 2-0 de l’Impact contre Philadelphie, samedi, était pénible à regarder. Elle a déclenché une fureur dans les gradins, dans les médias sociaux, dans les conversations. Heureusement pour le club, la critique n’est aussi virulente que parce que tant de gens sont attachés à l’Impact de Montréal et ont envie de le célébrer.

Reste que cette semaine anniversaire commence très mal, et l’ambiance ne doit pas être à la fête dans les bureaux.

Quand l’organisation, qui a l’habitude des commentaires dilués dans ses communications officielles, utilise sur Twitter et dans son communiqué d’après-match la citation d’Anthony Jackson-Hamel sur le manque de « couilles » de l’équipe contre l’Union, c’est qu’on ne danse pas la Macarena sur la rue Sherbrooke.

Heureusement pour l’Impact, son adversaire de lundi prochain, le Galaxy de Los Angeles, n’est pas, comment dire… n’est pas très bon au soccer ces temps-ci. La fête pourrait réellement en être une.

Encore faut-il que le collectif sorte de son marasme. Samedi, ce n’est pas tant l’écart entre les niveaux de talent des deux équipes qui frappait l’imaginaire que l’écart entre les efforts déployés. Le regain d’énergie montré contre le Revolution s’est évaporé. L’Impact continue d'accorder des cadeaux et, de l’autre côté du terrain, ce n’est guère mieux.

À ce sujet, une opinion qui sera peut-être impopulaire : je suis moins inquiet pour cette défense que pour cette attaque, à court terme du moins. Les deux secteurs de jeu représentent encore des chantiers.

Mais les solutions possibles à l’arrière, comme le retour des Camacho, Fisher, Diallo, semblent déjà plus prometteuses que la titularisation d’un Mancosu ou le trou au milieu qu’ouvrirait un repositionnement de Silva à droite, si l’on se fie aux plus récentes formations partantes de Rémi Garde.

Bref, ça va mal. À qui la faute? Tout a été dit et écrit à cet égard au cours des derniers jours, et la vérité, c’est qu’il n’existe pas de réponse universelle, car les maux du club touchent trop de secteurs.

La personne qui a bâti un effectif déficient cet hiver n’est pas nécessairement celle qui n’a pas optimisé le rendement de chaque dollar dépensé depuis six ans, et la personne qui juge mal l’apport de chacun des secteurs du club par rapport aux autres n’est certainement pas celle qui axe la promotion d’un match anniversaire sur la visite de Zlatan Ibrahimovic au stade Saputo. (Je sais, le Suédois fait vendre des billets, et l’Impact veut atteindre la rentabilité. Il y a quand même quelque chose de triste là-dedans.)

Le secteur technique, les joueurs et les entraîneurs (car ces derniers ne s’en iront heureusement pas demain matin), voilà ce qui pourra redonner espoir aux supporteurs de l’Impact, avec un bon mercato d’été et des ajustements constructifs. Et honnêtement, avec les résultats de l’équipe jusqu’ici, cet espoir en vue de la saison 2019 est à peu près le seul objectif qu'elle peut encore viser. Ça, et des festivités réussies lundi.

Mais le club ne peut pas s’en contenter. S’il est si difficile de cerner le nœud du problème, c’est peut-être que l’organisation en entier, pas que le secteur technique, doit vivre une saison de questionnements où, sans tout recommencer, on tente de jeter des bases plus solides qu’avant.

Bon quart de siècle, Impact. Je te souhaite de devenir grand.

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