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La CSN demande un moratoire sur le projet de REM

Dénonçant l'adoption le 27 septembre dernier à l'Assemblée nationale de la Loi concernant le Réseau électrique métropolitain (REM), qui accorde plusieurs allégements administratifs à la Caisse de dépôt et placement du Québec pour la réalisation du train électrique, le Conseil central du Montréal métropolitain de la CSN (CCMM-CSN) demande de nouveau à Québec d'imposer un moratoire sur le projet.

Dans un communiqué, le regroupement syndical réclame, comme il l’avait fait en mars dernier, que le gouvernement tienne une véritable consultation publique sur les processus de décision et d'octroi de contrats du projet.

Selon la CSN, le « projet est contraire à l'intérêt public et comporte de nombreux problèmes ».

Le syndicat dénonce notamment le « déficit démocratique majeur » du projet, lequel, dit-il, « manque beaucoup d'informations essentielles pour faire une bonne évaluation économique et environnementale ainsi que pour mesurer les répercussions sur le transport collectif ».

Le syndicat utilise ainsi les mêmes arguments que le Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE), qui a produit en janvier un rapport très critique sur le projet. Le BAPE a notamment déploré la « documentation incomplète » qu'on lui a fournie et qui l'a empêché, écrit-il, d'analyser « plusieurs éléments essentiels du projet ». Selon lui, ces données étaient insuffisantes pour tirer des conclusions finales et donner le feu vert au projet.

Par ailleurs, la CSN rappelle que le promoteur du projet, la Caisse de dépôt, refuse de révéler son impact sur « l'utilisation de l'automobile, sur l'étalement urbain et sur les émissions de gaz à effet de serre ».

Elle s’inquiète également de la façon dont l'Autorité régionale de transport métropolitain (ARTM) fera la répartition des coûts entre les municipalités et les divers usagers du transport collectif et avance qu’« il est fort probable que les tarifs du transport collectif augmenteront ».

Le syndicat, qui milite pour le maintien du caractère public des services de transport, déplore que le projet, dans sa forme actuelle, soit « le début de la privatisation du transport en commun dans la grande région métropolitaine ».

La CSN n’est pas le seul regroupement syndical à s’opposer au projet de REM, qui propose un tracé de 67 km qui reliera la Rive-Sud à la Rive-Nord en passant par le pont Champlain, le centre-ville de Montréal, l’Ouest-de-l’Île et l’aéroport Pierre-Elliott-Trudeau. Le Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP), qui représente les chauffeurs d'autobus et les opérateurs de métro de la Société de transport de Montréal, s’y oppose également, ainsi que plusieurs groupes environnementalistes et des regroupements de citoyens.

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