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La défense du Canadien hachée menue à Pittsburgh

PITTSBURGH - Dans le vestiaire du CH après la rencontre, David Schlemko, la tête basse, ne savait plus à quel saint se vouer. « Ça a été difficile. Je n'ai pas aimé mon jeu », a-t-il finalement laissé tomber, en toute honnêteté.

Un texte d’Alexandre Gascon

Les talentueux Penguins de Pittsburgh ont passé la soirée à tailler en pièces la défense montréalaise, un spectacle triste à contempler par moments.

Jordie Benn, que l’on identifiait comme un membre important de la brigade en début de saison, n’a jamais su trouver son rythme cette année. Ce n’est pas lors du 78e match qu’il y est parvenu. Pas de résurrection, congé pascal ou pas.

Était-ce entre autres à lui que Claude Julien référait lorsqu’il a estimé qu’il « y a des gars qui ne sont pas prêts à payer le prix en désavantage numérique »? Possible.

Benn a écoulé 2 min 31 s en pareilles circonstances, il était sur la glace pour deux des trois buts des Penguins avec l’avantage d’un homme et n’a bloqué aucun tir. Lui jeter la pierre équivaudrait toutefois à rater la cible de facto.

En l’absence de Shea Weber et de Victor Mete, le défenseur de la Colombie-Britannique a encore joué 21:26, probablement 5 minutes de trop pour un arrière de sa trempe.

Karl Alzner et Noah Juulsen ont réussi à tirer leur épingle du jeu, même si Bryan Rust a donné l’impression d’écarter les eaux de la mer Rouge lorsqu’il a filé en échappée, les battant de vitesse dans l’axe.

Pour sa part, Schlemko effectuait un retour au jeu après une absence de 12 matchs. L’ensemble de sa campagne 2017-2018, a-t-il raconté, lui a justement paru comme un éternel retour depuis son opération à la main en octobre.

Vous souvenez-vous de l’époque où son nom faisait constamment surface lorsque le Tricolore tentait, sans succès, de dénicher le partenaire idéal à Weber?

« J’ai eu quelques bonnes présences, j’ai fait de bons jeux, mais j’ai manqué d’exécution trop souvent.

« Oui j’étais rouillé. Certains jeux que je réussis à faire sans y penser en temps normal, je n’y arrivais pas. C’est un peu frustrant, mais j’imagine que ça fait partie d’un retour au jeu », a ajouté Schlemko.

Il était sur la glace lorsque Conor Sheary a été complètement oublié dans l’enclave pour marquer le premier but des Penguins. On l’y retrouvait à nouveau quand Carl Hagelin a surpris Antti Niemi de l’arrière du filet répudiant une couverture un peu molle de Brett Lernout.

« Quand tu joues contre les champions de la coupe Stanley et que tu reviens d’une blessure, ça devient un match difficile », a relativisé, bon prince, son entraîneur.

Mais le principal intéressé n’était pas dupe.

Le Canadien a entrepris sa saison le 5 octobre à Buffalo en misant sur Weber, Benn, Mete, Karl Azlner, Jeff Petry et Mark Streit à l’arrière.

Streit est à la retraite. Mete et Weber sont blessés. Alzner semble souvent dépassé par la rapidité des jeunes joueurs de cette ligue. Petry n’en peut plus de tenter de pallier les lacunes de ses comparses et Benn est surutilisé.

Pour l’instant, Lernout peine à s’établir comme une option fiable, Jakub Jerabek coule des jours heureux à Washington, Brandon Davidson est retourné chez les Oilers et Joe Morrow découvre Winnipeg au mois de mars.

Cette défense, meilleure que celle de l’an dernier nous a-t-on soufflé à l’oreille au début de l’année, termine la saison en lambeaux.

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