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La dernière vraie journée de Fleury chez les Penguins

Marc-André Fleury est arrivé au Colisée Cardin de Sorel à 17 h pile, comme prévu. Au volant de sa Jeep, le gardien québécois avait une passagère bien spéciale à ses côtés. La Coupe Stanley, bien attachée, brillait sous le soleil de la ville natale de Fleury.

Un texte d'Antoine Deshaies

Il l’a soulevée une première fois pour saluer les habitués du bar d’en face attablés sur la terrasse.

À l’intérieur de l’aréna, quelques centaines de jeunes du hockey mineur sorelois l’attendaient, avec fébrilité.

Quand il est entré dans l’enceinte, Coupe Stanley au bout des bras, les jeunes ont spontanément scandé son nom avant de prendre leur photo, en équipe, avec le héros local.

C’est la troisième fois que Fleury déambule dans son patelin avec la Coupe.

« Je suis toujours heureux de la partager avec les gens de mon coin, confie Fleury avec son indécrochable sourire en coin. L’an passé j’avais organisé une fête dans la ville, cette fois je voulais vraiment que ce soit les jeunes hockeyeurs qui en profitent. »

« J’aurais aimé voir la Coupe d’aussi près quand j’étais enfant, ajoute Fleury. Je veux les faire rêver. Je viens de la même petite ville qu’eux et j’ai réussi. Si ma présence peut les motiver, je serais bien content. »

Tout connaisseur de hockey qui se respecte sait bien que les probabilités de gagner la Coupe en 2018 sont plus élevées à Pittsburgh qu’à Vegas. À 32 ans, Fleury ne sait pas si l’occasion se présentera rapidement avec sa nouvelle équipe.

« Ma famille et les gens de la région sont habitués que je ramène le trophée ici alors j’aurai toujours un peu de pression, raconte le gardien. Je suis déjà extrêmement chanceux de l’avoir gagné trois fois. J’en profite et j’essaie que le plus de gens possible en profitent. »

Une journée très chargée et émotive

Pour Fleury, la journée de samedi marquait son vrai départ de la grande famille des Penguins. Il est membre en règle des Golden Knights de Vegas depuis juin, mais sa journée avec la Coupe lui a permis de tourner la page pour de bon.

D’ailleurs, Fleury ne portait aucun vêtement aux couleurs des Penguins. Seule sa casquette 412, le code régional de Pittsburgh, trahissait l’amour qu’il porte encore pour la ville de l’acier qui l’a chéri au cours de la dernière décennie.

« C’est toujours spécial de gagner la Coupe, mais ce l’est encore plus cette fois parce que je quitte Pittsburgh et les gens vont se souvenir de moi comme un champion. »

« C’est aujourd’hui que je tourne la page, a admis le triple gagnant de la Coupe Stanley. C’est ma dernière activité publique en tant que membre des Penguins. Même mes amis et ma famille me disent que c’est la dernière fois qu’ils portent leur casquette ou chandail de Pittsburgh. »

Cette dernière journée a d’ailleurs été fort chargée pour Fleury. Tôt samedi matin, il s’est rendu au Manoir Ronald McDonald pour partager la Coupe avec les familles d’enfants malades.

En après-midi, il s’est réuni en famille pour souligner à la fois sa victoire et l’anniversaire de deux ans de sa fille Scarlett.

« Elle était plutôt indifférente, a admis Fleury en riant. On l’a installée dans la Coupe pour lui chanter bonne fête et ensuite et elle a mangé du gâteau à même la Coupe. »

En soirée, Fleury entendait célébrer avec ses amis avant de rendre le gros trophée à Kristopher Letang qui l’aura en sa possession dimanche. Vendredi, c'est Mario Lemieux qui l’avait avec lui.

« Je l’ai trouvée un peu bosselée, je pense que Mario a peut-être fêté trop fort », a conclu Fleury, espiègle.

Prêt pour un nouveau départ

L’été pour un champion de la Coupe Stanley passe habituellement très vite. C’est encore plus vrai quand le champion doit déménager.

Fleury admet ne pas s’être beaucoup reposé avec tous les préparatifs en vue du déménagement vers Vegas. Il compte d’ailleurs arriver au Nevada bien avant le début du camp.

« Ça va être important d’arriver tôt pour instaurer une véritable chimie d’équipe, analyse Fleury. Je vais sans doute inviter les gars à la maison pour un souper. »

Fleury sera un meneur pour les Golden Knights, même s’il ne raffole pas de l’étiquette de vedette. Il insiste pour dire qu’il ne sera pas le seul vétéran de l’équipe, mais il entend partager ses connaissances et ses expériences avec les autres.

« Je ne veux pas manquer les séries, affirme le gardien de 32 ans. C’est en série qu’on trouve les matchs les plus intenses et ce sont ces matchs qui vont véritablement charmer le public néophyte de Vegas. »

Fleury s’attend à ce que ses coéquipiers et lui soient très présents dans la communauté.

En plus des matchs, le Québécois aura la mission de gagner des cœurs dans le désert américain.

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