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La disparition des maisons de chambres inquiète un organisme communautaire

Une maison de chambres de la rue Sainte-Catherine va devenir un hôtel, et un organisme communautaire voudrait de l'aide de la Ville pour éviter que cette situation ne se répète trop souvent.

Un article de Bahador Zabihiyan

L'immeuble situé à l'est de la rue Sainte-Catherine, près du Quartier des spectacles, a une entrée discrète. Pas d'affiche annonçant des chambres à louer, pas de numéro de téléphone à contacter, mais un panneau indiquant qu'il est interdit de flâner et que l'endroit est sous constante vidéosurveillance.

C'est une maison de chambres, nous indique Pierre qui y réside depuis un mois.

« Moi, j'ai pas cherché vraiment, je suis arrivé. J'ai des chums qui restent ici, j'ai loué de même, c'est du bouche-à-oreille », dit Pierre.

Le quart de sa paye lui suffit pour payer son loyer de quelques centaines de dollars par mois. L'endroit compte une vingtaine de chambres. Elles sont assez bien entretenues, disent des résidents. Mais c'est loin d'être le luxe et la population qui y vit est souvent des plus démunies.

Un panneau à l'étage rappelle ainsi aux résidents que la consommation de crack est interdite. 

Cette maison de chambres va se transformer en hôtel selon le Réseau d'aide aux personnes seules et itinérantes de Montréal (RAPSIM). D'ici juillet 2017, les résidents doivent s'en aller. Le RAPSIM craint que les « chambreurs » ne puissent pas se reloger et se retrouvent à la rue.

Pierre, de son côté, n'est pas inquiet. Le propriétaire de l'endroit a dit aux résidents qu'ils allaient être relogés dans un autre immeuble qu'il a récemment acquis, sur le boulevard Saint-Laurent.

Certains résidents se montrent plus inquiets, car le nouvel édifice compterait presque moitié moins de chambres. De son côté, le RAPSIM estime qu'il faudrait encadrer les maisons de chambres pour éviter qu'elles ne se transforment en hôtel ou en condos, au bon vouloir des propriétaires.

Difficile d'estimer combien de maisons de chambres se trouvent à Montréal. Le RAPSIM estime qu'il y en a de moins en moins. Sur la rue Sainte-Catherine, une maison de chambres de 10 unités a récemment été fermée pour être transformée en immeuble à condos.

Mais la Ville de Montréal estime qu'il serait contre-productif de forcer les propriétaires à les conserver ou à y effectuer des travaux de rénovation. Un projet pilote, mis en place par la Ville en 2012 pour inspecter les maisons de chambres, n'a pas eu le succès escompté.

« [Nous] avons approché les propriétaires avec des possibilités de subventions, et une souplesse pour les délais d'exécution des travaux. Malgré toutes nos précautions, nous avons constaté que plusieurs propriétaires, d'entrée de jeu, ne veulent pas collaborer. À la moindre exigence de la Ville, certains se retirent. Dans le projet pilote, sur neuf maisons inspectées, cinq ont été vendues ou converties », dit François Goneau, relationniste à la Ville de Montréal.

Dans son plan d'action pour 2014-2017, la Ville dit vouloir bâtir 1000 logements abordables. Au total, 600 logements et chambres ont été construits ou sont sur le point de l'être depuis 2014, précise l'administration municipale.

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