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La DPJ de retour dans une école juive d'Outremont

La Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) était de retour mercredi matin à l'école juive illégale de la communauté Viznitz, après l'avoir visitée une première fois au début du mois de juin. Une dizaine de représentants de la DPJ ont rencontré, en petits groupes, les 60 élèves, âgés de 6 à 11 ans, afin d'évaluer leur niveau de connaissances.

L'école illégale, située à l'angle des avenues Beaumont et du Parc, ne suit pas le programme du ministère de l'Éducation du Québec, se concentrant essentiellement sur un enseignement religieux. Les représentants de la DPJ ont passé environ 1 h 30 dans l'établissement afin d'évaluer l'état de scolarisation des élèves.

« Les portes étaient ouvertes », a déclaré une membre de la communauté Viztniz présente à l'école lors de la visite de la DPJ. « Nous avons toujours collaboré avec la DPJ, nous collaborons et nous collaborerons », a ajouté la dame en précisant que la visite s'était bien déroulée.

« Je ne sais pas ce qui s'est passé dans les classes, parce que nous ne sommes pas entrés dans les classes », a poursuivi la porte-parole de la communauté.

L'apprentissage scolaire à la maison, la religion à l'école

Les parents des élèves de l'école se sont prévalus de leur droit de dispenser à la maison l'enseignement nécessaire à leurs enfants, histoire de régulariser leur situation. Le statut de l'école devrait ainsi être régularisé en prévision de la prochaine rentrée scolaire.

Les élèves pourront ainsi poursuivre leur étude de la Torah à l'école, tandis qu'ils effectueront leurs apprentissages scolaires à la maison, sous la supervision de leurs parents.

« Toutes les mères ont été scolarisées au Québec, comme moi », assure la porte-parole de l'école juive. « Je parle français, je suis allé au cégep, je suis en train de compléter un diplôme universitaire. Alors, la grande majorité des mères ont les capacités d'enseigner à leurs enfants. » Elle ajoute que la commission scolaire apportera du soutien aux parents qui éprouveront des difficultés, notamment avec les enfants de niveau secondaire.

Yitty Chacham , une porte-parole de la communauté Viznitz, estime que « cette solution donne le meilleur des deux mondes. Les enfants vont recevoir la meilleure éducation possible, recevoir tout ce qu'ils ont besoin pour être des citoyens qui puissent s'intégrer à la société québécoise et être fidèles à leurs principes religieux ».

La Commission scolaire English-Montreal (CSEM) doit soutenir les parents dans leur rôle d'accompagnement de leurs enfants. Elle procédera à des évaluations - à l'aide d'exercices et d'examens, dont certains du ministère - afin de s'assurer que les élèves suivent une courbe de développement conforme aux exigences du ministère de l'Éducation.

La CSEM fait le pari que les parents de la communauté seront en mesure de s'acquitter de cette tâche. Sa présidente, Angela Mancini, estime toutefois que son institution aura besoin de davantage de ressources financières pour superviser tous ces nouveaux élèves.

Elle affirme que le ministre de l'Éducation s'est montré disposé à augmenter ses budgets. « Le ministre Proulx semble très ouvert à nous aider. Je pense qu'on attend des informations sur le budget. Je pense qu'il va y avoir des ajustements de faits pour pouvoir pallier aux besoins de la clientèle qu'on voit dans ce dossier-là », a expliqué Angela Mancini.

Un bon départ, dit Québec

Le ministre de l'Éducation, Sébastien Proulx, a laissé entendre que cette décision de la communauté est un pas dans la bonne direction.

« Si vous me dites aujourd'hui qu'est-ce qui est le mieux en septembre : est-ce que les enfants qui étaient dans cet établissement-là ou qui sont dans cet établissement-là aujourd'hui, est-ce mieux qu'ils y demeurent et n'aient pas de cours ou aient accès l'enseignement par la scolarisation à la maison dès septembre? Je pense qu'on est dans un pas dans la bonne direction », a déclaré Sébastien Proulx.

L'école de la communauté Viznitz, qui compte une centaine de familles, est le troisième établissement de la communauté juive hassidique où les parents ont décidé de se prévaloir de leur droit de faire l'école à la maison, après l'académie Yeshiva Toras Moshe, une école pour garçons, et l'école Yeshiva Beth Esthe, fréquentée par des filles. Ces deux dernières institutions appartiennent à la communauté Satmar.

Des représentants de la DPJ, appuyés par des agents du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), avaient dû s'inviter à l'école clandestine des Viztniz, le 1er juin dernier, afin d'y mener une inspection. Ils avaient dû se faire accompagner par la police, puisque les membres de la communauté leur avaient interdit l'accès à l'école et aux élèves quelques jours auparavant.

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