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La fréquentation des centres d'injection supervisée a doublé en un an à Montréal

Les visites mensuelles dans les quatre centres d'injection supervisée (CIS) de Montréal ont doublé depuis leur ouverture, l'été dernier, a annoncé mardi la Direction régionale de santé publique du Centre intégré de santé et de services sociaux (CIUSSS) du Centre-Sud-de-l'Île-de-Montréal.

La Dre Mylène Drouin, directrice régionale de santé publique, dit dresser un bilan « fort positif » de cette première année d’utilisation des CIS.

« Le profil des utilisateurs rejoints, la fréquentation en progression, les demandes des utilisateurs pour des services d’orientation, de référence ou d’accompagnement : tout cela démontre le bien-fondé du projet régional montréalais des CIS », estime-t-elle dans un communiqué.

Lors du premier mois complet d'opération, en juillet 2017, 1189 visites ont été enregistrées. Un nombre qui est passé à plus de 2500 visites par mois en avril et en mai 2018.

Selon le bilan de la santé publique, un total de 876 personnes différentes ont bénéficié des services des trois lieux fixes et de l'unité mobile, pour un total de 21 265 visites de juin 2017 à mai 2018.

Les organismes Cactus Montréal, Dopamine et Spectre de rue reçoivent les usagers dans leurs centres fixes d'injection supervisée, tandis que l'unité mobile L'Anonyme circule dans les rues de la ville pour rejoindre les toxicomanes là où ils se trouvent.

« Les personnes franchissent la porte des CIS parce qu’elles y trouvent respect et humanisme. Pour la communauté, le contexte des surdoses représente bien autre chose que des statistiques. Il représente des proches perdus, des visages inquiets, une incertitude constante. Les CIS offrent un espace rassurant et sécuritaire », explique la directrice générale de Cactus Montréal, Sandhia Vadlamudy.

Bien que certains citoyens aient dit craindre une hausse de la criminalité dans leur voisinage avec l'arrivée de ces centres, ça ne semble pas être le cas.

« Le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) constate que les événements liés à la criminalité sont comparables aux années antérieures dans les secteurs où les services d'injection supervisée sont offerts », affirme Simon Durocher, commandant du poste de Quartier 22.

Une clientèle masculine

D'après les données contenues dans le bilan de la première année de service, la clientèle est majoritairement masculine (83 %), elle consomme depuis plus de cinq ans (70 %) et elle consomme tous les jours (40 %) ou au moins une fois par semaine (deux sur trois).

La grande majorité des consommateurs sont âgés de 20 à 49 ans (85 %).

Les drogues les plus souvent consommées dans les centres supervisés sont la cocaïne (42 %), les opioïdes (34 %) et l'héroïne (14 %).

En un an d'activité, 39 interventions d'urgence ont été nécessaires, dont 10 injections de naloxone par une infirmière et sept transports en ambulance.

Un nouveau service d'analyse des drogues en salle d'injection sera bientôt ajouté à l'offre des centres supervisés, a annoncé mardi la Direction régionale de santé publique.

Montréal a été la deuxième ville canadienne à offrir de tels services, après Vancouver. Une trentaine d'autres endroits ont ouvert leurs portes par la suite au pays.

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