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La fronde des maires contre l'agglomération de Longueuil prend de l'ampleur

Brossard, Saint-Lambert et Saint-Bruno-de-Montarville se jettent dans la bataille de l'opinion publique pour convaincre Québec de modifier la gouvernance de l'agglomération de Longueuil ou de la démanteler.

Les trois villes lancent lundi une campagne de mobilisation intitulée « On paie trop pour Longueuil » pour convaincre le ministre des Affaires municipales, Martin Coiteux, de rendre l'agglomération plus transparente et plus équitable sur le plan fiscal. « Il en va de la santé financière et démocratique de nos villes », allèguent-ils.

Cette opération de relations publiques ne constitue pas une surprise. Les maires des trois municipalités - Paul Leduc (Brossard), Alain Dépatie (Saint-Lambert) et Martin Murray (Saint-Bruno-de-Montarville) - avaient annoncé qu'elle était imminente lors d'une conférence de presse tenue au début du mois.

Sur un nouveau site Internet, les trois hommes plaident que l'agglomération de Longueuil, formée en 2006 après que leurs citoyens eurent opté pour la défusion, demeurera « inéquitable » tant qu'elle n'aura pas été réformée.

Ils martèlent essentiellement l'argument monétaire, en présentant des comparaisons financières entre leurs municipalités et d'autres, de tailles comparables, qui paient beaucoup moins pour les mêmes services.

« À titre d'exemple, chaque résident de Saint-Bruno-de-Montarville a payé 728 $ en 2015 pour les services suivants : évaluation, police, incendies et le transport collectif. Pour des services équivalents, les résidents de Sainte-Julie ont payé 353 $ », peut-on y lire.

Les trois maires à l'origine de cette fronde dénoncent l'iniquité du financement de l'agglomération depuis fort longtemps. En décembre 2014, ils avaient convoqué la presse pour réclamer « une intervention immédiate » de Québec.

Les maires Leduc, Dépatie et Murray préconisent aujourd'hui la création d'une entité distincte indépendante, dotée de sa propre direction et de fonctionnaires dédiés, comme pour les municipalités régionales de comté (MRC).

Au sein de cette entité, qui devrait éviter de porter le nom de Longueuil, chaque maire aurait un vote et les quotes-parts devraient être calculées à parts égales en fonction de la richesse foncière et de la population.

Au début du mois, les trois maires ont menacé de tenir des référendums proposant à leurs citoyens de quitter l'agglomération de Longueuil s'ils n'obtiennent pas gain de cause.

En entrevue à Radio-Canada, le maire de Saint-Bruno-de-Montarville a indiqué que le ministre Coiteux est directement interpellé dans ce dossier parce qu'il est impossible à l'heure actuelle de négocier une nouvelle gouvernance à l'intérieur même de l'agglomération. 

« La situation actuelle fait que c'est Longueuil qui administre l'agglomération de Longueuil. Et nous, maires des villes liées, on a très peu à dire à ce chapitre », affirme Martin Murray.

Rappelant que Québec doit bientôt présenter un projet de loi pour revoir la gouvernance des petites agglomérations, il se dit encouragé par le fait que M. Coiteux a récemment déclaré qu'il entendait étudier le rapport Gagné, qui dressait un bilan de l'exercice de fusions et de défusions municipales survenu au début du siècle.

« Pour nous, c'est très encourageant parce que le rapport Gagné qui a été déposé récemment - et qui est un rapport totalement indépendant, donc aucunement financé par les villes qui demandent une réforme - arrive aux mêmes conclusions que nous », a souligné M. Murray.

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