Retour

La grève des ingénieurs de Montréal paralyse six chantiers

« La balle est dans le camp de l'employeur, ce sont eux qui sont en demande », affirme André Émond, porte-parole du Syndicat professionnel des scientifiques à pratique exclusive de Montréal (SPSPEM), dont les 440 membres sont en grève depuis minuit. 

Les négociations entre les parties avaient achoppé en milieu de soirée, lundi.

L'arrêt de travail de ces employés municipaux a pour effet de paralyser des chantiers à Montréal. La Ville affirme que 6 chantiers sont interrompus sur un total de 23, mais ces données sont contestées par le syndicat.

« Une impasse », selon le président du comité exécutif de la Ville

Mais pendant que le syndicat impute la responsabilité du conflit à l'administration municipale, le président du comité exécutif de la Ville de Montréal, lui, blâme les syndiqués.

Pierre Desrochers affirme que les dirigeants syndicaux auraient pu négocier avec la Ville vendredi dernier et durant le weekend mais « ils n'y étaient pas », dit-il.

Pierre Desrochers affirme aussi qu'une offre bonifiée est sur la table pour les syndiqués, mais que ces derniers « n'ont pas bougé du tout ».

Une question de rémunération

Ces syndiqués - des ingénieurs en bonne partie, mais aussi des chimistes, des arpenteurs-géomètres et deux vétérinaires du Biodôme - sont sans contrat de travail depuis plus de cinq ans. Leur rémunération est au coeur du litige qui les oppose à la Ville de Montréal. L'administration de Denis Coderre souhaite réduire la rémunération globale de ces professionnels de 9 %.

Mardi, en entrevue à ICI RDI, André Émond a soutenu que les professionnels syndiqués sont prêts à faire des concessions, mais pas aussi considérables que ce à quoi s'attend la Ville de Montréal. « On est prêts à régler, dit le représentant syndical. Ça va être la pire convention collective de notre histoire, même avec les concessions qu'on est prêts à faire. »

Le SPSPEM décrie aussi le fait que les propositions patronales auraient pour effet de gruger l'équivalent de 12 millions de dollars dans différents programmes. 

Les membres du syndicat avaient voté en faveur de la grève dans une proportion de 92 %.

Des travaux majeurs

« On va se trouver un terrain d'entente », a assuré Denis Coderre, qui s'est excusé auprès de la population pour les désagréments que peut causer ce conflit de travail.

Le maire de Montréal a reconnu en point de presse mardi que « ces scientifiques-là ont un rôle à jouer ».

Les 440 membres du SPSPEM jouent un rôle prépondérant dans les travaux d'infrastructure en cours à Montréal, explique André Émond, citant les chantiers de l'échangeur Turcot et du pont Champlain.

M. Émond rappelle aussi qu'Ottawa consacrera 120 milliards de dollars sur 10 ans à des améliorations aux infrastructures. La part accordée à Montréal sera de 5 à 6 milliards de dollars. « Nos membres sont de principaux intervenants dans ces travaux », dit-il.

Les scientifiques de la Ville de Montréal veillent notamment à la sécurité sur les chantiers et ils encadrent les firmes de génie-conseil qui y travaillent. Ils s'assurent aussi à ce que les paiements faits aux entreprises soient « conformes », dit André Émond, qui parle aussi du travail fait en amont par ces professionnels dans la préparation des plans et devis, par exemple.

Des services essentiels en cas d'urgence

Dans les jours à venir, les grévistes entendent visiter des chantiers qui sont en activité, histoire de s'assurer qu'aucun briseur de grève n'y sera.

En vertu d'une décision rendue par le Tribunal administratif du travail la semaine dernière, des syndiqués devront se rendre au travail en cas d'urgence. De plus, quatre ingénieurs restent en poste durant le conflit de travail; ils travaillent au Service de l'eau.

Avec les informations de Louis de Belleval

Plus d'articles

Commentaires

Vidéo du jour


Une caméra de sécurité montre quelque chose d'extraordinaire





Rabais de la semaine