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La grogne contre la présidente des cols bleus persiste malgré le vote de confiance

Le vote de confiance en faveur de la présidente du Syndicat des cols bleus de Montréal, Chantal Racette, n'a pas suffi à ramener l'unité et l'harmonie au sein des troupes. Des membres du comité exécutif du syndicat contestent aujourd'hui la légitimité du vote tenu jeudi et réclament toujours la destitution de la présidente.

« C’est une mascarade », a déclaré en entrevue à ICI RDI Luc Bisson, l’un des membres du comité exécutif du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP) auquel est affilié le Syndicat des cols bleus de Montréal.

« Madame Racette ne se soumet pas aux statuts et règlements qui mentionnent qu’on doit se réunir en [comité] exécutif pour valider et octroyer le droit à aller de l’avant pour faire une consultation comme elle l’a fait hier », fait-il valoir. Le vote, par conséquent, est illégitime.

Il précise que le président national du SCFP, Mark Hancock, a écrit une lettre aux cols bleus de Montréal pour les avertir que le vote qu’ils s’apprêtaient à tenir ne respectait pas les statuts et règlements de la centrale syndicale.

C’est le caractère illégitime de la consultation qui explique, selon lui, le faible taux de participation au vote de confiance tenu par le syndicat. Seulement 916 des 6500 cols bleus se sont déplacés pour exercer leur droit de vote, scrutin qui s’est soldé par un appui à 66 % pour Mme Racette.

Les gens ne se sont pas déplacés pour quelque chose qui revêtait pour eux une partie d’illégalité.

Luc Bisson

L'ancien président du syndicat des cols bleus, Michel Parent, abonde en ce sens.

« Il n'y avait qu'un seul bureau de vote », déplore-t-il en entrevue à ICI Première. « Pensez-vous qu'un col bleu qui finit à 17 h va traverser la ville dans le trafic pour aller voter? »

M. Parent estime que Mme Racette aurait dû tenir une assemblée générale spéciale, un samedi matin - comme le suggérait M. Hancock - et vider le fond de la question en mettant sur pied sept bureaux de vote, à la grandeur de la ville, à la disposition des membres, comme le veut la procédure régulière.

« Ce qu'il est important de comprendre du vote d’hier, c’est qu’il y a eu seulement 14 % de taux de participation, insiste M. Parent. Les neuf membres dissidents de l’exécutif ont demandé à leurs membres de ne pas aller voter. C’est 86 % des membres qui ne sont pas allés voter ».

Une pétition au SCFP

Les dissidents n’ont toutefois pas jeté l’éponge à la suite de ce résultat favorisant Mme Racette. Ils ont déposé une pétition, signée par 663 cols bleus, auprès des instances nationale et provinciale du SCFP afin de réclamer une assemblée générale spéciale le 4 février. « Cette démarche-là respecte les statuts et règlements », précise M. Bisson.

Cette assemblée n’aurait qu’un seul objet, la destitution des quatre hauts dirigeants.

Luc Bisson

Le vote tenu par une partie du Syndicat des cols bleus de Montréal se voulait une réponse au désaveu infligé par une faible majorité (50,6 %) de cols bleus lors de l’assemblée générale du 10 décembre dernier.

Le Syndicat, la présidente et trois autres membres de l'exécutif ont été condamnés pour outrage au tribunal, à la suite d'une grève jugée illégale en décembre 2015.

Chantal Racette s'était aussi retrouvée au cœur d'une controverse, soupçonnée d'avoir donné l'instruction d'installer un dispositif de surveillance sur les véhicules de deux dirigeants syndicaux. Ces soupçons d'espionnage par la direction ont provoqué la colère de plusieurs syndiqués.

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