L'espoir Nikita Scherbak a touché du doigt à son rêve en janvier quand il a disputé trois matchs avec le Canadien. Une fois passée l'ivresse du moment, il a eu mal à la tête à son retour dans la Ligue américaine,

Un texte d'Alexandre Gascon

« Oui c’est difficile », a admis jeudi l’attaquant russe de 21 ans après l’entraînement des IceCaps de Saint-Jean (Terre-Neuve-et-Labrador), le club-école du Tricolore.

« Tu te fais appeler pour jouer quelques matchs dans la meilleure ligue du monde et après, on te renvoie; c’est difficile, mentalement. Ça m’a pris un peu de temps avant de m’en remettre. »

« Quand il est revenu après son séjour à Montréal, ça a été un peu plus difficile, confirme son entraîneur dans la Ligue américaine, Sylvain Lefebvre. Il a eu la gueule de bois du gars qui se fait rappeler pour la première fois et qui revient pour la première fois. Mais en fin de saison et en séries, à date, il joue vraiment du bon hockey. »

À sa deuxième saison professionnelle, Scherbak a pris du galon. Les blessures l’ont quelque peu ralenti l’an dernier et il a conclu sa campagne avec 23 points en 48 matchs.

Cette année, il a amassé 41 points en 66 matchs tout en faisant des progrès notables dans l’ensemble de son jeu, ce qui lui a valu ce fameux rappel au mois de janvier, quand le Tricolore était décimé par les blessures de ses joueurs.

Scherbak a même marqué son premier but dans la LNH à son premier match, le 7 janvier à Toronto.

« Évidemment, il y a tellement de bons joueurs dans la LNH, la grosse différence, je dirais que c’est la qualité de l’exécution, mais pour ce qui est de la vitesse, c’est pas mal la même chose », analyse le jeune attaquant.

« Il est jeune, ce n’est que sa deuxième année professionnelle. Il a encore du temps devant lui. Il a eu des hauts et des bas, mais ça s’en vient », assure Lefebvre.

Un rare espoir offensif

Un des rares et des meilleurs espoirs à l’attaque de l’organisation, Scherbak avait affirmé au dernier camp d’entraînement du Canadien vouloir percer la formation.

Son souhait ne s’est pas matérialisé, mais le jeune homme originaire de Moscou pourrait brouiller les cartes l’année prochaine s’il poursuit sa progression, selon son entraîneur.

C’est que Scherbak est reconnu pour réussir quelque chose d’assez rare chez le Canadien et d’autant plus précieux : générer de l’attaque et marquer des buts.

Mais ses lacunes défensives sont encore bien apparentes.

Talentueux et énigmatique

Mercredi, pendant le troisième match de la série de premier tour entre les IceCaps et le Crunch de Syracuse, on l’a vu déborder sur l’aile, couper vers le centre avec dynamisme, chercher la passe parfaite, mais il a fini la soirée sans avoir lancé au filet.

Il a bien obtenu une passe sur le but de Zach Redmond en avantage numérique, mais il s’est aussi rendu coupable de revirements en zone neutre et de couvertures défensives un peu nonchalantes.

Bref, ce Scherbak est énigmatique.

« J’ai amélioré certains trucs cette année, mais il y a encore pas mal de travail à faire. Je dois être plus dur à affronter, plus compétitif, plus hargneux sur la rondelle. Et surtout plus constant, être bon aussi dans la zone défensive pour créer de l’attaque », explique le Russe lorsqu’on lui demande s’il sent une progression dans son jeu.

« C’est pas mal le même gars que j’ai connu il y a deux ans », lance son coéquipier avec les IceCaps, Noah Juulsen, qui a disputé son premier match professionnel contre le Crunch mercredi, après avoir été rappelé de la Ligue junior de l’Ouest, où il a joué avec Scherbak en 2014-2015.

Voilà le mot-clé lâché : la constance.

Le directeur général du Crunch de Syracuse, le Québécois Julien BriseBois, racontait à l’auteur de ces lignes, jeudi, que « tous les joueurs de la Ligue américaine, un soir donné, ont le niveau de jeu pour jouer dans la LNH ».

« Le défi, c’est de le faire tous les soirs. Certains n’y arriveront jamais », estime BriseBois.

On souhaite au Canadien que ce ne sera pas le cas de Scherbak, un choix de premier tour, le 26e au total en 2014.

S’il parvenait à trouver cette constance, il ferait mentir le directeur général du Canadien, Marc Bergevin, qui affirmait au bilan de fin d’année qu’il fallait être « très chanceux » pour trouver un joueur d’impact entre les positions 20 et 30 du repêchage.

Scherbak en a, à tout le moins, le potentiel.

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