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La joute (électorale) dans le vestiaire du Canadien

Le 8 novembre, les Américains iront aux urnes pour élire un nouveau président incluant environ 5 % des 2,6 millions d'Américains vivant à l'étranger. L'intérêt pour la campagne électorale a même atteint le vestiaire du Canadien qui compte sept des Américains les plus connus au Québec. 

Un texte de Jean-Patrick Balleux

Max Pacioretty, lui-même un « élu » à titre de capitaine du club, avoue suivre la campagne d'un oeil économique.

« On en parle tout le temps, dit le hockeyeur originaire du Connecticut. Quand les joueurs découvrent leurs chèques de paie amputés par les impôts, ils aiment se moquer des autres et comparer. En Floride, où j'ai une propriété, c'est un sujet de conversation populaire. »

Sept Américains

Pacioretty fait partie des trois joueurs américains qui ont accepté de discuter de politique. Si Pacioretty, Greg Pateryn et Brian Flynn se sont livrés, Alex Galchenyuk, le gardien d'origine cubaine Al Montoya, Jeff Petry et Zack Redmond, blessé, ont préféré rester muets.

Trois sur sept, notre taux de succès de 42 % est plus important que l'avantage numérique de l'équipe, qui frise les 22 %!

« Cette élection est complètement folle. J'ai regardé tous les débats et les conventions démocrates et républicaines. Je suis curieux de voir la suite », exprime Brian Flynn, un diplômé en finances de l'Université du Maine.

« C'est facile de suivre la campagne électorale. Ils en parlent tous les jours à CNN et Fox News avec les sondages et les fuites de Wikileaks », ajoute l'ailier du quatrième trio.

Si plusieurs athlètes de la NFL, de la NBA et du baseball majeur ont appuyé publiquement Donald Trump ou Hillary Clinton, le monde du hockey reste encore discret dans cette élection.

Mis à part quelques exceptions, comme la visite des champions de la Coupe Stanley à la Maison-Blanche chaque année, ou Ken Dryden et Jacques Demers qui se lancent activement dans l'arène à titre de député ou de sénateur, la LNH flirte rarement avec la chose politique.

Indécis

Sans vouloir dévoiler leurs intentions, les joueurs du Canadien tergiversent avec tous les bouleversements de la récente campagne. 

« C'est difficile de décider quel candidat soutenir en ce moment », lance Pacioretty.

Son coéquipier Greg Pateryn ne sait tout simplement pas de quel côté jeter son dévolu. « Je n'ai pas assez d'intérêt pour choisir un camp. Attendons et nous verrons ce qui se passe », dit-il d'une attitude défensive fidèle à sa position.

Même si quelques États permettent d'obtenir son bulletin de vote par Internet, la plupart des joueurs du Canadien ne devraient pas participer à l'élection. En 2012, 5 % des 660 000 Américains qui vivent au Canada avaient renvoyé à temps, par la poste, leur bulletin dans leurs États respectifs.

Reste à savoir s'ils préfèrent l'isoloir ou le banc des punitions?

« Je n'ai jamais voté, dit Flynn âgé de 28 ans. Ce serait une première fois. Et comme je ne vais pas souvent sur le banc des pénalités, je manque aussi d'expérience à ce chapitre. »

Que ce soit Trump ou Clinton, le 8 novembre, les Américains du Canadien auront la tête à la victoire. Une joute pas tant électorale, que sportive avec la visite des Bruins de Boston au Centre Bell.

Pas sûr que les joueurs surveillent les résultats sur le banc des joueurs entre deux mises en échec de Brad Marchand.

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