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La lutte contre l'oléoduc 9B d'Enbridge se poursuit à Montréal

Plus d'un an après l'inversion de la canalisation 9B d'Enbridge entre North Westover, en Ontario, et Montréal, des dizaines de manifestants ont marché plus de 16 km dans les rues de la métropole pour sensibiliser la population. Ils demandent l'arrêt immédiat du transport de produits pétroliers par ce pipeline qui traverse des centaines de cours d'eau.

Un reportage de Fanny Samson

Les organisateurs de la Marche des peuples pour la Terre-mère dénoncent la dégradation de la canalisation, qui permet d’acheminer le pétrole de l’Alberta vers les raffineries de l’est du pays. « [La canalisation 9B] menace l’eau potable de millions de personnes, notamment 3 millions de personnes dans la région de Montréal et il n’y a pas eu le consentement des Premières Nations sur leur territoire », affirme l’une des porte-parole de l'événement, Amélie Violette.

Depuis les débuts du projet d’Enbridge, les groupes environnementaux craignent les bris de conduite, qui pourraient être catastrophiques pour les rivières et les champs agricoles traversés par ce tronçon de 639 km.

On demande que l’oléoduc 9B ne soit plus utilisé pour transporter du pétrole parce que ça n’a aucun sens.

Marc-André Toupin, porte-parole

Le mois dernier, le journal Le Devoir révélait que le pipeline aurait été réparé plus de 60 fois depuis qu’il transporte le pétrole jusqu’à Montréal.

Luttes autochtones

Les manifestants ont commencé leur marche dans l’est de Montréal, devant la raffinerie Suncor, le point d’arrivée du pétrole, avant de terminer leur parcours à la place de la Grande-Paix-de-Montréal.

Ils ont également signalé leur solidarité envers les peuples autochtones qui contestent ce pipeline et plusieurs autres projets, notamment celui qui touche la réserve indienne Standing Rock, dans le Dakota du Nord.

« Je trouve que depuis quelques années c'est quelque chose [les luttes autochtones] qui prend de l'ampleur à une vitesse assez incroyable, puis je pense que ce qu’il faut savoir, c'est que tout le monde se lève de plus en plus pour des choses essentielles », ajoute l’un des porte-parole, Marc-André Toupin.

Une Première Nation de l’Ontario tente d’ailleurs de faire invalider par la Cour suprême le permis délivré à Enbridge. Elle prétend ne pas avoir été adéquatement consultée.

Par courriel, Enbridge a indiqué qu’elle reconnaissait le droit des personnes et des groupes d’exprimer leur point de vue. La compagnie a ajouté qu’elle était prête à discuter avec les activistes afin de participer à un avenir faible en carbone.

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