Ce n'est pas sorcier, Evan Bush est devenu l'un des cinq meilleurs gardiens de la MLS, selon son mentor chez l'Impact, Youssef Dahha. Et cette réussite n'est pas arrivée comme par magie, même si on a déjà comparé Bush à Harry Potter à Montréal.

Un texte de Jean-François PoirierTwitterCourriel

C'était en 2010. Evan Bush portait le chandail du Crystal Palace de Baltimore de la NASL. Ce soir-là, sans vraiment le savoir, le jeune gardien américain de 24 ans avait écrit une page d'histoire de sa jeune carrière au Stade Saputo. Bush avait été tellement bon et inventé tellement de manières de bloquer des ballons qu'il avait incité la direction du onze montréalais à lui attribuer le surnom du personnage principal des récits J. K. Rowlings!

L'Impact l'embauchait l'année suivante, convaincu par cette performance magistrale.

« Il avait tout arrêté, se souvient Youssef Dahha. Il n'est pas devenu un grand gardien à Montréal, il l'était déjà. Je n'ai que poursuivi le travail de mes prédécesseurs. Mais je pense que Bushie n'a pas encore atteint son plein potentiel, sinon je n'aurais plus de travail... »

Evan Bush semble aujourd'hui assuré de son poste. Mais il a été forcé de manger son pain noir avant d'obtenir ce statut de gardien de confiance au début de la saison 2015.

« Je n'avais pas l'impression d'être loin derrière les autres gardiens. Je pensais que mon tour viendrait plus vite, raconte Bush. Plusieurs gardiens deviennent frustrés dans ce genre de situation et quittent l'équipe ou demandent à être échangés. Ce n'est pas la bonne chose à faire, parce que le gazon n'est pas toujours plus vert ailleurs. Cette philosophie m'a permis de devenir le gardien que je suis aujourd'hui. »

L'entraîneur des gardiens de l'Impact estime qu'il faut une dizaine d'années à un joueur pour arriver à maturité. Youssef Dahha continue donc de gérer la progression de son gardien de 30 ans, qu'il considère comme une étoile de la MLS.

« Je l'ai dit l'année dernière et je le reconfirme cette année, il est parmi le top cinq de la ligue, sans discussion. »

La recette de Dahha avec Bush n'est pas compliquée. Elle repose sur le travail. Et l'élève est très réceptif aux directives de son entraîneur.

« Je me vois comme un accompagnateur. Parfois, je suis sévère, mais il y a une bonne complicité entre nous. Je suis son ami à l'entraînement, mais le jour du match, je suis son patron. Il doit faire ce que je veux qu'il fasse. Bushie travaille tout le temps. Il est une personne très disciplinée. Il est en mission et il sait ce qu'il veut. On fait les devoirs en semaine afin de réussir l'examen le jour J parce que d'autres veulent sa place derrière lui. »

Samedi, un arrêt spectaculaire de Bush à la 71e minute a été l'origine du but d'Ignacio Piatti inscrit à peine une dizaine de secondes plus tard sur une contre-attaque. C'est exactement ce que désire l'Impact de la part d'un gardien d'exception.

« Il a bloqué le ballon avec son visage. Je n'ai rien compris à cet arrêt-là à la Hasek [gardien de but au hockey au style inusité]. Ce fut un moment décisif. Un gardien doit faire un ou deux arrêts dans un match. Le meilleur gardien, c'est toujours celui qui fait l'arrêt », insiste Dahha, à qui Bush doit notamment l'amélioration d'un aspect technique précis.

« Youssef a travaillé sur mon explosivité. Mon jeu de pieds était moyen à mon arrivée à Montréal et je peux dorénavant le comparer à celui de n'importe quel gardien dans la ligue grâce à Youssef. »

« Le changement est radical, avoue Dahha. On ne reconnaît pas le Bushie qu'on a connu. Le travail a porté ses fruits. »

Ex-gardien de l'équipe nationale du Maroc, Youssef est devenu un joueur professionnel dès l'âge de 16 ans. Il entame sa 13e saison au sein de l'organisation de l'Impact.

Presque tous les gardiens de l'histoire de l'Impact ont donc un peu de Dahha en eux...

Plus d'articles

Commentaires