SAINTE-THÉRÈSE – Une messe musicale magique a été le point d'exclamation, dimanche soir, de la troisième et dernière journée du deuxième festival Santa Teresa.

La messe hors de l’ordinaire offerte à une heure tardive a été officiée par quelqu’un pour qui le mot « ordinaire » n’existe pas dans le vocabulaire courant. Klô Pelgag, comme l’a noté le prêtre qui l’a présentée, s’est chargée de sauver nos âmes de la « stérilisation profonde » de la musique avec sa « messe transfigurée ».

Personne n’a douté une seconde que l’auteure-compositrice et interprète allait jouer à fond la carte du symbolisme pour ce concert unique présenté à l’église Sainte-Thérèse d’Avila. Un peu après 23 h, les centaines de spectateurs massés dans l’église se sont tournés sur leurs bancs afin de voir arriver une procession religieuse peu banale.

Klô Plegag et ses 11 musiciens et musiciennes ont fait une entrée solennelle dans l’enceinte vêtus comme des rois, des prêtres, des pages et des mages. Image forte, l’artiste a porté souvent durant la soirée une mitre artisanale, soit une reproduction de la coiffe liturgique des hauts prélats de l’Église catholique romaine.

Durant 85 minutes, le collectif a tiré parti à fond du contexte qui s’offrait à lui. Offrandes soutenues par des cuivres ou des cordes, chansons épurées ou richement parées, moments tendres ou tempêtes sonores magnifiées par les lumières qui se reflétaient sur les hauts plafonds de l’église.

L’ensemble était à la fois grandiose et intimiste et le son, le plus souvent, à la hauteur, même si la réverbération particulière dans nos monuments du passé n’offre pas une qualité sonore uniforme selon l’endroit où l’on se trouve.

« Je veux danser avec toi », a lancé un spectateur entre deux chansons.

« Tu veux danser? Tu peux danser tout seul », a répondu Klô Plegag, faisant comprendre que ce spectacle était digne d’un protocole religieux dont on ne pouvait déroger.

Au piano, aux claviers ou à la guitare, l’artiste a joliment enrobé Incendies, Les mains d’Edelweiss, Les instants d’équilibre et autres Les animaux, qui ont flotté au-dessus des spectateurs qui écoutaient dans un silence recueilli sur les bancs inconfortables ou appuyés contre un confessionnal.

À son tour, le ténor Marc Hervieux est entré dans l’église pour rejoindre Klô Pelgag et il n’a pas eu besoin de micro pour se faire entendre jusqu’à son arrivée sur la scène.

Sans surprise dans le contexte, le duo peu orthodoxe a partagé la Chorégraphie des âmes. Et la rencontre – franchement improbable – fut fort concluante, tout comme l’ensemble du concert, qui s’est terminé à minuit et demi. Messe tardive, certes, mais pour la paix des âmes, ça valait le coup.

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