L'Ontarien Andrew Wiggins est né à la bonne époque et a surtout choisi le bon sport. Cela dit, mesurer 6 pieds 8 pouces (2,03 m) a sans doute influencé sa décision de jouer au basketball.

Un texte d’Antoine Deshaies

Le tout premier choix au repêchage de la NBA en 2014 a signé mercredi une prolongation de contrat de cinq ans qui lui rapportera 148 millions de dollars américains.

Déjà à l’école secondaire, plusieurs voyaient en lui la future grande vedette de la NBA.

Les Timberwolves du Minnesota misent sur le potentiel encore partiellement inexploité du jeune homme. Andrew Wiggins n’a jamais mené son équipe aux séries éliminatoires.

148 millions de dollars pour 5 ans, c’est plus que les 144 millions gagnés par le Canadien Steve Nash dans sa carrière de 19 saisons dans la NBA. Nash dirait sans doute qu’il est né 15 ans trop tôt.

« Wiggins est un bon joueur, mais ce n’est pas encore un joueur vedette, analyse Mathieu Jolivet, descripteur des matchs de basketball aux Jeux de Rio et chroniqueur à RDS. Il est un des jeunes joueurs les plus dynamiques en attaque de la NBA, mais il semble parfois ne pas offrir l’effort maximal en défense. »

William Archambault a joué au basketball dans la NCAA avec l’Université Davidson de 2006 à 2010. Il a joué avec Stephen Curry, aujourd’hui star planétaire du basketball.

« C’est un gros contrat, mais c’est un contrat qui reflète le marché, analyse Archambault, aujourd’hui directeur de comptes à la Banque de développement du Canada. Des joueurs de soutien qui marquent entre 5 et 8 points par match vont souvent chercher 10 millions par année. »

À partir de la saison prochaine, à 23 ans, Wiggins empochera en moyenne 29,6 millions de dollars par année, ce qui est supérieur à sa moyenne de points par match de la dernière saison qui s’élevait à 23,6.

En 2016-2017, ces statistiques ont valu à Wiggins le 16e rang des pointeurs de la NBA.

« Il a joué trois saisons dans la NBA et là il devra prouver qu’il peut devenir le vrai meneur des Timberwolves, ajoute William Archambault. Il doit notamment s’améliorer aux rebonds. »

Les joueurs de la NBA n’ont jamais été aussi riches. Avec ce contrat, Andrew Wiggins sera le sportif canadien le mieux rémunéré annuellement tous sports confondus.

Au baseball, le receveur des Blue Jays de Toronto Russell Martin empoche 20 millions de dollars par saison. Au hockey, Jonathan Toews gagne 10,5 M$, soit le plafond annuel fixé par la LNH.

À partir de 2018, Laurent Duvernay-Tardif gagnera en moyenne 8 M$ par années dans la NFL.

Les millionnaires plus riches dans la NBA

La NBA nage dans le fric, surtout depuis 2014. La ligue a conclu cette année-là une entente avec les réseaux ABC, ESPN et TNT pour les droits de télédiffusion de ses matchs.

De 2016 à 2025, la NBA empochera 24 milliards de dollars. Cette somme, à laquelle s’ajoutent les autres revenus de la ligue, doit être partagée avec ses joueurs selon les termes de la convention collective.

Pour la saison 2015-16, le plafond salarial que chaque équipe devait respecter était de 70 millions de dollars. L’année suivante, il avait bondi à 90 M$ et devrait osciller autour de 99 M$ cette année.

Une immense tarte à séparer en 15 joueurs seulement, ça fait des grosses pointes. Pas moins de 37 joueurs de la NBA gagneront au minimum 20 millions de dollars cette saison. 117 joueurs gagneront 10 millions de dollars ou plus.

C’est beaucoup en comparaison au baseball, hockey et football.

En plus, le plafond salarial est flexible. Une équipe peut le dépasser si c’est pour accorder un nouveau contrat à un joueur qui lui appartient déjà.

En comparaison, le salaire moyen dans la NFL se situe à 1,9 M$, autour de 4 M$ dans la LNH et à 4,47 M$ au baseball.

« Les prix pour des bons joueurs de qualité, qui ne sont pas des vedettes, ont explosé, analyse Mathieu Jolivet. Pour les étoiles, ce sont des contrats faramineux parce qu’avec deux ou trois joueurs vedettes, tu peux te rendre loin en séries. »

Le système crée des inégalités importantes. Stephen Curry, le plus haut salarié des Warriors de Golden State, champions de la NBA, fera plus de 35 fois le salaire de son coéquipier le moins riche.

La planète à conquérir

À court terme, la progression du plafond salarial devrait ralentir. Les auditoires télé sont de plus en plus volatiles.

« Les cotes d’écoute des émissions ont baissé, explique Mathieu Jolivet. Les amateurs se tournent beaucoup vers la diffusion en ligne. Je m’attends à un ralentissement de la croissance des revenus. »

La NBA, elle, entend conquérir de nouveaux marchés. Du centre-ville de New York, elle vise les trois points : la Chine, l’Inde et l’Afrique.

« Ces immenses marchés représentent des mines d’or potentielles, analyse William Archambault. Ça pourrait rapporter encore plus d’argent en contrats de télé et en produits dérivés. Je ne serais pas surpris de voir bientôt des salaires annuels de 60 ou 65 millions pour les meilleurs joueurs. »

C’est beaucoup d’argent.

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