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La mode est à la réparation des objets, pas leur rejet

Bouilloire, machine à café, ordinateur, tablette ou encore pantalon... 120 personnes sont venues avec un objet à faire réparer au Repair café qui s'est tenu à l'École Polytechnique. Le mouvement a débuté en 2009, à Amsterdam, et le concept est de plus en plus populaire à Montréal.

Un texte de Marie-Laure Josselin

Le Repair café, résume Shirley Fagnen, conseillère en développement durable à la Polytechnique, « est un atelier de réparation communautaire où des bénévoles aident des gens en démontrant que certains objets sont souvent réparables. L'idée est de sensibiliser à l'idée de réparer avant de jeter ».

C'est la deuxième édition du Repair café de Polytechnique, mais il en existe un peu partout dans le monde, soit près de 1500.

Raphaël est un habitué. Cette fois-ci, il vient demander de l'aide pour son ordinateur et un bouton à coudre pour son pantalon.

« J'adore ce concept, car on peut arriver avec n'importe quoi et ils peuvent souvent réparer », lance-t-il devant Élodie Chevenot, en train de coudre le bouton.

Élodie travaille chez Ethik, un organisme à but non lucratif qui fait de la sensibilisation sur la mode éthique. C'est donc tout naturellement qu'elle est venue offrir ses talents, bénévolement.

« On sensibilise notre public à ne pas jeter les vêtements quand ils ont un trou ou qu'ils sont trop grands, car ils peuvent avoir d'autres vies », dit-elle.

Une question de principe

Bouilloire à la main, Suzanne Aubin attend son tour. Sa bouilloire a cinq ans, elle ne lui a pas coûté cher, mais la dame ne veut pas la jeter, « c'est une question de principe ».

Le concept ne cesse de se propager, « les gens ont une volonté de consommer différemment », précise Shirley Fagnen, qui constate aussi que « les gens ne savent pas où aller pour faire réparer. Ce n'est pas tant une question de prix, c'est aussi un manque d'accès à ce genre de ressources et d'outils. »

À une autre table, Dominique, un bénévole qui oeuvre chez Insertech, aide Raphaëlle avec son ordinateur. La jeune femme dit être à deux doigts d'en acheter un nouveau, mais elle ne peut se résigner à le faire.

« Je n'ai pas envie d'en racheter un. Je n'ai pas les moyens et je veux limiter ma consommation d'électronique », précise-t-elle avant de repartir dans les explications du bénévole.

Un service populaire

Insertech, une entreprise d'insertion à but non lucratif, est aussi de la partie. Elle organise souvent des « réparothons », ces événements communautaires gratuits, inspirés de mouvements comme les « repair café » ou les « restart party », spécialisés dans l'informatique et l'électronique.

La liste des évènements ne cesse de s'allonger. « Il y en a de plus en plus », lance son agent de communication et développement Nebojsa Adzic.

« Les mouvements collectifs, communautaires s'organisent pour réparer les choses, pour se réapproprier leur matériel. On a de plus en plus de demandes », précise-t-il, tout en invoquant la réduction de l'impact environnemental grâce à la réparation, d'autant plus, ajoute-t-il, que les produits électroniques « sont extrêmement polluants ».

Échange d'information

Enfin, ces évènements sont aussi une occasion pour partager ses connaissances.

Simon Marquis, qui travaille en génie informatique, essaie de trouver le problème de la bouilloire de Suzanne Aubin.

Il adore « les choses qui se brisent pour pouvoir les réparer » et est content d'être ici, pour aider. Tout se fait dans la discussion.

Car l'idée est que Suzanne, une fois repartie, puisse à son tour réparer sa bouilloire la prochaine fois.

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