Laura Niquay participera, le 10 mai, au Festival Vue sur la relève à Montréal, un tremplin de diffusion qui permettra à l'artiste atikamekw de se faire connaître plus largement alors qu'elle prépare son deuxième album.

Un texte d'Anne-Marie Yvon

Un événement comme celui qu’a vécu récemment Wemotaci, la communauté de Laura Niquay, est source de réflexion et d’inspiration pour l’auteure-compositrice-interprète folk rock.

Dans quelques jours, elle ira à la rencontre de jeunes qui se sont automutilés sur le terrain de leur école primaire et dans les environs. Par défi, a-t-elle entendu dire, « un défi qui a dégénéré ».

« Faut pas le cacher. Faut pas avoir honte de ça, il faut agir le plus tôt possible », pense-t-elle. Agir grâce à la musique dans son cas, qu’elle utilise comme thérapie.

Adolescente, elle s’est accrochée à la musique pour traverser les moments les plus difficiles.

Née dans une famille de musiciens, père multi-instrumentiste, mère guitariste et chanteuse, tout comme deux oncles, elle est, dit-elle, la seule à mettre en valeur le talent dont elle a hérité.

Ses chansons racontent les réalités de sa communauté, les conditions de vie ardues qui mènent pour certains vers la drogue ou l’alcool, pour d’autres vers le suicide, mais ses pièces parlent avant tout de prévention, de persévérance et d’espoir.

Vue sur la relève

À son retour de Wemotaci, Laura Niquay montera sur la scène du Ministère, la salle montréalaise qui accueille le Festival Vue sur la relève.

Des artistes autochtones y participeront pour la première fois grâce à une collaboration entre le Festival et Musique nomade, l’organisme de production musicale voué aux auteurs-compositeurs-interprètes autochtones du Québec et du Canada.

Laura montera sur scène le jeudi 10 mai à 20 h, accompagnée du jeune guitariste de Manawan Shayne Petiquay.

Le lendemain, ce sera au tour de Melody McKiver, une jeune altiste anichinabée de la Première Nation de Lac Seul en Ontario, de séduire le public.

Si Vue sur la relève offre une scène aux artistes émergents, difficile de qualifier Laura Niquay de la sorte. Sa feuille de route artistique est déjà bien remplie.

En 2011, elle reçoit le Prix de la relève lors du Gala de musique autochtone Teweikan. En 2017, ce sera le Prix spécial du Jury pour l'ensemble de son implication et de son œuvre.

Elle est la première Atikamekw à participer aux Francofolies de Montréal, en 2012.

Elle lance son premier album en 2015. Waratanak, qui veut dire « au creux de la montagne », situe sa communauté de Wemotaci. Les chansons, interprétées en français et en atikamekw, la propulsent au rang de modèle pour les femmes et les jeunes auprès de qui elle s’implique.

En 2017, elle partage la scène avec Natasha Kanapé Fontaine, Matiu, Shauit, Random Recipe, Dramatik et plusieurs autres artistes lors de Nikamotan MTL, dans le cadre de Présence autochtone.

On lui doit la chanson-thème des Jeux autochtones interbandes (JAIB) qui se sont tenus à Wemotaci en juillet 2017. Avec sa composition « Ketin kekir » qui signifie « Sois fort toi aussi », elle voulait donner courage et respect aux athlètes.

Laura Niquay est aussi l’auteure de la trame sonore de la pièce Là où le sang se mêle, des Productions Menuentakuan, en compagnie de Moe Clark, Quinn Bonnell et Travis Mercredi, dans le cadre d'une résidence de création Musique nomade.

L’artiste prépare un deuxième album, très folk acoustique, « des chansons préventives » dit-elle, pour faire résonner Autochtones et non-Autochtones, album qu’elle prévoit sortir dans quelques mois.

Entre-temps, elle se prépare à un été de spectacles, où elle compte de nouveau emporter son public « dans la vague de sa musique ».

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