Reconnu coupable des meurtres non prémédités de ses deux enfants, Guy Turcotte a perdu jeudi son appel concernant sa peine d'emprisonnement à vie. Il devra donc purger les 17 ans de prison sans possibilité de libération conditionnelle auxquels il avait été condamné.

Lors de l'audience pour justifier de porter la cause de son client en appel, le procureur de l'ex-cardiologue, Pierre Poupart, avait fait valoir que le juge ayant imposé la peine avait évacué l'état mental de son client lorsqu'il a évalué la période qu'il devait passer derrière les barreaux.

Me Poupart estimait que le juge Vincent aurait dû imposer une peine moins sévère puisque son client « ne pose pas de risque pour la population ».

Le juge Allan Hilton, de la Cour d'appel, a rejeté la demande. Dans sa décision, il a indiqué « que la période d’inadmissibilité à la libération conditionnelle de 17 ans fixée par le juge n’est ni exceptionnelle ni disproportionnée vu les circonstances et la prise en compte d’autres cas similaires au Canada. »

Il a aussi écrit : « M. Turcotte n’est ni la première ni la dernière personne à perdre son conjoint. L’échec de son mariage ne peut avoir l’effet qu’il désire lui attribuer dans le processus de détermination de la peine, considérant tous les autres facteurs que le juge d’instance se devait de prendre en compte et d’analyser. »

Guy Turcotte a été condamné par un jury pour double meurtre non prémédité le 6 décembre 2015, au terme d'un second procès.

Lors du premier procès, qui avait eu lieu en 2011, l'ex-cardiologue avait été reconnu non criminellement responsable de la mort de ses enfants, pour cause de trouble mental.

Le directeur des poursuites criminelles et pénales avait toutefois demandé à la Cour d'appel du Québec d'invalider le verdict de non-responsabilité criminelle en invoquant des erreurs commises par le juge dans ses directives aux jurés.

La Cour d'appel s'était rendue aux arguments des procureurs. Invalidant le verdict de non-responsabilité criminelle, elle avait ordonné la tenue d'un nouveau procès.

Guy Turcotte s'était alors tourné vers la Cour suprême du Canada pour tenter de faire annuler la tenue d'un nouveau procès, mais il a été débouté le 20 mars 2014.

Le père a reconnu avoir poignardé à mort ses enfants Anne-Sophie, 3 ans, et Olivier, âgé de 5 ans, le 20 février 2009. Il a toutefois plaidé non coupable et a présenté la défense de non-responsabilité criminelle pour cause de troubles mentaux.

Il a dans un premier temps fait appel de son verdict de culpabilité. Il a toutefois renoncé par la suite à cette possibilité, ainsi qu'à un troisième procès.

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