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La pièce J’accuse : une galerie de personnages féminins forts

Après avoir connu un grand succès en 2015, la pièce J'accuse, de l'auteure Annick Levebvre, est de nouveau présentée au Centre du Théâtre d'Aujourd'hui jusqu'au 24 février.

Un texte de Valérie-Micaela Bain

La pièce, présentée sous forme de monologues, présente cinq femmes. « Ce que j’entendais, moi, dans ce texte-là, c’est cinq femmes qui se sentent inadéquates par rapport au Québec, mais qui, à l’inverse, sentent aussi le Québec inadéquat par rapport à leurs désirs profonds », explique le metteur en scène Sylvain Bélanger, aussi directeur artistique et codirecteur général du Centre du Théâtre d’Aujourd’hui.

Cette galerie de personnages féminins forts proposés dans J’accuse défait les clichés de la mère, la vierge et la putain, souvent proposés au théâtre. Il y a d'abord « la fille qui encaisse », interprétée par Catherine Paquin-Béchard. Elle travaille 12 heures par jour dans une petite boutique souterraine de la station de métro Bonaventure. Elle sert des clientes qui la regardent de haut.

Catherine Trudeau joue la « fille qui agresse »; femme d’affaires à la tête d’une PME qui extériorise son stress avec une haine contre tout et n’importe qui. Il y a « la fille qui intègre », interprétée par Alice Pascual. Cette immigrante, docteure en sociologie, rêve qu’on la considère comme une Québécoise à part entière. Debbie Lynch-White est « la fille qui adule », celle qui revendique son droit d’être une admiratrice inconditionnelle d’Isabelle Boulay. Finalement, Léane Labrèche-Dor joue le personnage de « la fille qui aime ». Cette dernière vit difficilement une rupture amoureuse.

Tour à tour, ces femmes se vident le cœur sans mettre de gants blancs dans un flot de paroles qu’elles déversent avec fougue. Mais il ne s’agit pas d’une pièce pamphlétaire, selon Léane Labrèche-Dor. « On s’imagine [que] ça chiale. Oui, c’est peut-être un peu comme ça, mais on découvre finalement qu’on est toutes humaines, qu’on a toutes ces facettes-là nous aussi. »

Lorsque Sylvain Bélanger a lu les textes d’Annick Levebvre pour la première fois il y a trois ans, il a été frappé par ce groupe de femmes qui prend la parole de manière forte.

Je voulais m’intéresser d’abord et avant tout à la peine qu’elles avaient, et non pas à la colère qu’elles voulaient lancer à la face du monde.

Sylvain Bélanger, metteur en scène

J’accuse est un texte féministe, mais pour les comédiennes, il n’est pas que cela. Catherine Paquin-Béchard pense qu’il s’agit d’abord d’une œuvre sur la condition humaine. « Ce sont des humains qui rushent dans la vie, qui ont envie d’en parler, qui s'interrogent et qui vivent des choses belles et moins belles, mais ça pourrait être des gars aussi. »

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