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La piste cyclable Le Petit Train du Nord devient dangereuse faute d'entretien

Des municipalités à qui Québec a refilé la facture de l'entretien de la véloroute n'ont pas les moyens d'assumer cette responsabilité. La piste cyclable Le Petit Train du Nord devient donc dangereuse par endroit.

Un texte de Francis Labbé

Le Petit Train du Nord est une piste cyclable de plus de 200 kilomètres, qui traverse 26 municipalités situées entre Bois-des-Filion et Mont-Laurier. Pour les élus et les leaders socioéconomiques de la région, il s'agit de l'épine dorsale de l'économie régionale.

Des élus des Laurentides se mobilisent pour faire pression sur Québec afin de rétablir le financement nécessaire à son entretien. « Quand Québec et les villes se sont entendues sur le pacte fiscal transitoire, l'enveloppe reliée à la véloroute a été abolie », explique Denis Chalifoux, prérêt de la MRC des Laurentides.

« Plusieurs municipalités n'ont pas les moyens d'absorber une telle facture. Pour la piste cyclable Le Petit Train du Nord, il s'agit d'une facture totale de 327 000 $ », poursuit M. Chalifoux.

Au cabinet du ministre des Transports, on explique que « le gouvernement et l'UMQ/FQM ( les regroupements municipaux du Québec ) se sont entendus sur le fait que désormais, la responsabilité d'entretenir la route verte sur le réseaux des municipalités allait relever à 100% des municipalités », rappelle Anne-Catherine Couture, attachée de presse du ministre.

« Cette mesure fut négociée et signée dans le pacte fiscal transitoire 2015 et poursuivie dans le dernier pacte fiscal 2016-2019 il y a quelques semaines. Dans le cadre de ces négociations, les municipalités ont demandé au gouvernement d'avoir plus d'argent pour l'entretien des routes locales, ce que nous avons fait: nous avons haussé de 50 millions de $ annuellement les transferts aux municipalites pour l'entretien des routes locales dans le pacte fiscal. »

Pour plusieurs municipalités des Laurentides, faire l'entretien de la piste cyclable est acceptable, mais en refaire les fondations, non.

Dangereuse

« Des clients étaient de passage à l'auberge cet été pour la troisième année de suite et ils m'ont dit qu'ils ne reviendraient plus, parce que c'est devenu dangereux », a confié Guy Bédard, propriétaire du gîte Le Provincialart, de Nominingue.

Une simple promenade le long de la piste, à quelques kilomètres vers l'est, a permis de découvrir plusieurs zones cohoteuses, ainsi que des bosses qui pourraient devenir dangereuses pour les cyclistes. D'ailleurs, la municipalité a cru bon d'écrire « danger » sur la piste pour prévenir les cyclistes.

« Cette piste, c'est l'épine dorsale de notre économie régionale », affirme le maire de Nominingue, M. Georges Décarie. « Simplement dans notre municipalité, ça représente entre 50 et 60 emplois saisonniers. »

Il faut convaincre Québec de réinjecter des sommes supplémentaires pour l'entretien de la piste parce que certaines municipalités ne peuvent tout simplement pas assumer cette reponsabilité. »

Les élus des Laurentides se sont réunis le 13 octobre dernier pour établir un plan d'action afin de convaincre le ministre des Transports, Robert Poëti, d'injecter des sommes supplémentaires.

« En 2008, le National Geographic a déjà dit que le réseau de pistes cyclables du Québec était parmi les plus beaux au monde. Mais nous ne l'entretenons plus. Il ne faut pas beaucoup de mauvaises expériences pour qu'un touriste décide tout simplement de ne plus revenir », insiste Guy Bédard.

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