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La police invite à dénoncer les « frotteurs » dans les transports en commun

Les agressions et les gestes à caractère sexuel sont en hausse dans les transports en commun du Grand Montréal, au point où les services de police de Montréal, Laval et Longueuil encouragent les usagers à agir lorsqu'ils sont victimes ou témoins d'un tel geste.

Un texte de Pasquale Harrison-Julien

Les trois services de police ont lancé mardi la campagne nommée « Réagissez - Dénoncez ». Selon le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), 30 plaintes pour attouchements ont été rapportées en 2015, contre 23 en 2014. Quant aux gestes indécents, 35 cas ont été répertoriés, par rapport à 11 l'année d'avant.

C'est sans compter le fait que la majorité des délits ne sont pas dénoncés auprès de la police, car les victimes semblent rebutées par le processus judiciaire et craignent de ne pas être prises au sérieux.

Or, un agresseur peut être identifié plus facilement qu'on le croit.

En 2015, le SPVM dit avoir résolu le tiers des dossiers et avoir procédé à l'arrestation de neuf personnes grâce aux caméras de surveillance.

Des agressions qui restent en mémoire

Nous avons lancé un appel à témoignages sur les médias sociaux de Radio-Canada. Plusieurs personnes ont pris le temps de nous répondre.

C'est le cas d'Annie-Claude Fournier, qui souhaite que son histoire puisse aider des victimes à porter plainte. En décembre dernier, en pleine heure de pointe, elle sent quelque chose s'appuyer sur ses fesses.

« Un homme frottait son pénis contre moi. Quand je suis sortie du métro, j'ai vu son érection, il a remonté son pantalon. J'ai vraiment figé. Je n'ai pas porté plainte, je n'aurais pas été capable de le décrire. »

Ce qui la frustre le plus, c'est que cet épisode - un deuxième en moins d'un an - a changé son comportement.

« Maintenant, je fais attention. J'avoue que des fois, je choisis les gens avant d'entrer dans la rame de métro. J'ai développé un réflexe. »

Maxime, fin vingtaine, préfère garder l'anonymat pour raconter un épisode qui remonte à plusieurs années. Une femme en état d'ébriété le touche dans l'entrejambes et insiste pour le suivre.

« Les gens ne réagissaient pas. Ni les hommes ni les femmes. Même que ça les faisait rire. »

Prévenir les agressions

La campagne lancée en partenariat avec le SPVM veut justement convaincre les gens d'agir même s'ils ne sont pas les victimes. C'est particulièrement cet aspect qui réjouit Nathalie Duhamel, du Regroupement québécois des centres d'aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel (CALACS) : « Ça permet de sensibiliser autant les femmes que les hommes qu'il y a des gestes qui ne sont pas acceptables et que les agressions sexuelles se produisent dans les transports en commun. »

La campagne veut surtout encourager victimes, témoins et aussi employés du transport en commun à dénoncer au 911 les agressions à caractère sexuel, afin d'empêcher qu'un même individu répète le geste avec d'autres usagers.

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