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La Presse supprime 158 postes, dont 43 à la rédaction

Le virage numérique annoncé par La Presse se traduira par des compressions dans sa salle de rédaction de la rue Saint-Jacques. La direction du quotidien a annoncé jeudi la suppression de 158 emplois, dont 43 postes à la rédaction.

Au total, 102 postes permanents - dont des cadres et des professionnels - et 56 autres occupés par des surnuméraires et des employés temporaires seront abolis. La quasi-totalité des mises à pied entrera en vigueur dans trois mois, c'est-à-dire au moment du passage de la version papier au numérique.

La Presse comptera, à partir de cette date, 633 employés permanents. Le président et éditeur du quotidien, Guy Crevier, fait valoir que le nombre d'employés permanents reviendra donc au niveau de 2011, année où il y avait eu de nombreuses embauches pour le développement de La Presse+.

Selon lui, une « centaine » de postes supprimés sont reliés à la version papier du quotidien.

« La décision de mettre fin à l'édition papier de La Presse en semaine en janvier et le changement de notre modèle d'affaires viennent inévitablement modifier nos besoins en main-d'œuvre », explique-t-il.

M. Crevier ne ferme pas la porte à différents moyens, comme des départs volontaires ou à la retraite, pour minimiser l'ampleur des compressions. Les syndiqués - dont les conventions collectives viennent à échéance le 31 décembre - semblent ouverts à cette possibilité.

Inquiétude chez les employés

Dans un communiqué diffusé sur Facebook, les cinq syndicats qui composent l'Intersyndicale de La Presse disent néanmoins être inquiets des conséquences des compressions pour La Presse+.

Le porte-parole de l'Intersyndicale, Charles Côté, affirme que cette réorganisation « n'est qu'un exercice comptable qui ne tient malheureusement pas compte de la réalité » et qui se déroule « en vase clos », sans consultation avec les syndicats.

L'Intersyndicale souligne tout de même que les 158 postes abolis « dépassent largement le nombre de personnes toujours exclusivement affectées à l'édition papier du journal ».

« La décision de la direction est d'autant plus étonnante que, depuis deux ans, la majorité des effectifs de La Presse est affectée à La Presse+. Malgré la disparition de l'édition papier en semaine, les compressions annoncées ne tiennent pas compte de la réalité dans les différents services de l'entreprise, surtout que la direction a aussi annoncé vouloir conserver l'édition papier du samedi ».

Charles Côté affirme que les employés appuient toujours le virage numérique de La Presse, mais rappelle que toute l'opération a entraîné de nouvelles exigences pour eux. « Selon nous, essayer encore d'en faire plus avec moins n'est pas une option. Au final, ce sont aussi les lecteurs et les annonceurs qui risquent d'en faire les frais », prévient-il. 

La Fédération professionnelle des journalistes du Québec dit être « étonnée » pour sa part de l'ampleur des compressions. Elle dit être préoccupée quant à la qualité de l'information. « On espère qu'il y aura cette sensibilité et que cela ne se traduira pas par faire plus avec moins », a fait savoir sa présidente, Lise Millette.

La fin d'une époque

Le quotidien avait annoncé, la semaine dernière, la fin de la publication de sa version papier à compter du mois de janvier prochain. La Presse ne sera plus publiée que le samedi en format papier, alors qu'elle continuera d'être publiée en format numérique, accessible sur tablette, du lundi au vendredi.

Le changement de cap est ainsi survenu 30 mois seulement après le lancement de La Presse+, sa version numérique.

Guy Crevier a alors affirmé que la version numérique - consultée par plus de 460 000 personnes chaque semaine - constituait un véhicule « beaucoup plus performant » que l'édition papier. Il soutenait toutefois que le modèle était « viable », sans nécessairement parler de rentabilité.

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