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La réouverture de l'autoroute 25 reportée au mois d'août

En raison de la météo et de la complexité des travaux, la réouverture de l'autoroute 25 dans la région de Lanaudière, qui était prévue le 24 juillet, est repoussée au mois d'août, au désespoir des commerçants de la région.

Les travaux entrepris entre les kilomètres 44 et 45 à Saint-Roch-Ouest dureront plus longtemps que prévu. Ils ont été rendus nécessaires par l'affaissement de la chaussée, le 7 avril dernier.

La réouverture de cette portion d'autoroute en direction sud est maintenant prévue lors de la première semaine du mois d'août. Dans les jours suivants, on procédera à la réouverture en direction nord.

Les conditions météorologiques pourraient toutefois forcer le ministère des Transports du Québec (MTQ) à repousser encore davantage son échéancier.

« Il est certain que si on arrive avec des températures comme on a eues au mois de mai, on va avoir des problèmes de retard, mais on est plutôt optimistes », a indiqué le directeur général du MTQ pour le territoire des Laurentides et de Lanaudière, Claude Thibeault.

Plusieurs facteurs pour expliquer les retards

Le chantier a commencé le 1er mai, mais les travaux ont d'abord été retardés par les grèves des ingénieurs de l'État et de l'industrie de la construction.

Ensuite, la complexité de l'installation d'un remblai léger en styromousse a empêché les ingénieurs de travailler jour et nuit, comme il était initialement prévu.

« La coupe individuelle des blocs a été sous-estimée, mais légèrement. Le principal problème, c’est l’impossibilité de travailler de nuit afin de s’assurer que chaque bloc soit bien aligné en tirant des lignes d’arpentage. L'éclairage artificiel ne permet pas une lecture adéquate », a-t-il expliqué en entrevue à RDI.

Les travaux ont également été retardés par les jours de pluie, les ingénieurs devant attendre que le sol soit sec pour le travailler.

La pose du remblai, actuellement en cours, nécessite que chacun des 4000 blocs de styromousse soit mesuré et coupé sur place. C'est l'étape la plus complexe des travaux, précise le directeur. L'opération doit notamment être validée par un arpenteur afin de s'assurer de sa mise à niveau.

« Comme des blocs Lego, chaque bloc doit être coupé en fonction de l’angle du terrain pour s'assurer de sa stabilité afin de bien construire le fond de l’autoroute ».

La complexité de cette opération est due à l'argile bleue contenue dans le sol, qui le rend très friable et instable, souligne M. Thibeault.

Le MTQ critiqué

Cette caractéristique serait connue depuis plusieurs années, selon la préfète de la MRC Montcalm, Danielle Henri Allard.

« En 2002, on a fait des expériences. On savait que c’était argileux. Les analyses de sol de ce temps-là sont toujours bonnes, on change pas de sol », a-t-elle fait remarquer.

Mme Allard déplore la perte d'expertise au MTQ et ce qu'elle qualifie de gaspillage de fonds publics.

La fermeture de l'autoroute entraîne aussi d'importantes pertes de revenus pour les commerçants de la région.

C'est notamment le cas d'Angèle Grégoire, propriétaire des Volailles d'Angèle, qui a dû réduire sa production pour faire face à la baisse d'achalandage.

« Ça m’a affectée je vous dirais de 30 % les trois premières semaines, et par la suite les gens ont trouvé des chemins alternatifs qui ne sont pas évidents, et on est encore affectés », a-t-elle précisé.

L'utilisation de ces routes alternatives dérange cependant certains résidents, car les voitures y passent maintenant jour et nuit.

« Tous les gens du nord, les kiosques et tout, tout le monde est affecté par ça », résume Mme Grégoire, qui espère néanmoins que les vacances des prochaines semaines amènent leur lot de clients.

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