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La sécurité des usagers d'Habitations pignon sur roues n'est pas compromise, selon l'enquête

Le cri du coeur lancé le mois dernier par des résidents de la ressource d'hébergement Habitations pignon sur roues situé, à Montréal, avait poussé la ministre Lucie Charlebois à demander une enquête administrative. Or, dans son rapport, rendu public mardi, l'enquêteur n'a observé aucune situation qui « mettait à risque la sécurité des usagers ».

Un texte de Davide Gentile

L'enquêteur Jean Desmarais demande cependant une série de correctifs de la part de la ressource dite « alternative », ainsi qu'au Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) de l'Est-de-l'Île-de-Montréal, qui subventionne en bonne partie Habitations pignon sur roues.

Un résident, Wady Salem, affirmait à Radio-Canada avoir été laissé seul pendant des heures sur le siège de toilette. L'enquêteur estime qu' « il y a lieu de revoir rapidement l'organisation de ce service » pour aider les résidents, lourdement handicapés, lorsqu'ils sont placés sur le siège de toilette.

Déjà, les préposés ont pour consigne de s'assurer tous les 15 minutes de la situation des usagers qui sont à la salle de bain. « Il s'agit d'avoir une vigie et une surveillance plus régulière », a affirmé dans un entretien à Radio-Canada Yvan Gendron, président-directeur général du CIUSSS de l'Est-de-l'Île-de-Montréal, chargé de mettre sur pied sur l'enquête.

Plusieurs intervenants avaient aussi relevé qu'il pouvait être impossible pour les usagers handicapés de rejoindre le personnel s'ils échappaient leur téléphone. L'enquêteur demande donc qu'on évalue la possibilité d'instaurer « un système d'appel » pour les usagers qui le désirent.

Un usager affirmait n'avoir reçu que deux bains en cinq ans. Le rapport conclut qu'il n'était pas possible de lui offrir des bains « en immersion complète ». C'est que les installations et la condition physique de l'usager ne permettaient pas de lui offrir ce genre de bain « sans danger potentiel de blessures ».

L'enquête indique cependant que cet usager aurait pu recevoir des douches, et qu'il a reçu une « hygiène partielle » quatre fois par semaine. Cela indique qu'il a été lavé avec une débarbouillette par les préposés.

Des rapports complexes entre direction et résidents

Le document souligne que les rapports entre certains résidents et la direction d'Habitations pignon sur roues sont difficiles. Les intervenants du CIUSSS confirment aussi que les rapports sont parfois complexes. « Les intervenants, comme les usagers, ont le sentiment de déranger », écrit l'auteur.

Les professionnels du réseau seraient « sous-utilisés » par les usagers et les gestionnaires d'Habitations pignon sur roues. L'enquêteur révèle aussi « que les intervenants du CIUSSS consultés ont peu ou pas de connaissances de leur rôle dans le contrôle de la qualité des services ».

« Cela occasionnerait une confusion dans les responsabilités et imputabilités » entre les autorités du réseau et les gestionnaires de l'organisme sans but lucratif. La directrice de la résidence « ne fait pas appel aux intervenants du CIUSSS », explique l'enquêteur.

Le rapport souligne aussi que les fusions des établissements du réseau de la santé semblent avoir causé de la confusion; la gestionnaire de Habitations pignon sur roues « ne sachant pas toujours à qui faire affaire au CIUSSS ». « Je pense qu'il faut clarifier », indique Yvan Gendron, qui croit que la gestionnaire ne connaissait peut-être pas bien le rôle des professionnels du réseau et l'aide qu'ils peuvent apporter à Habitations pignon sur roues.

Le PDG du CIUSSS souhaite aussi qu'on améliore la communication entre les usagers, la direction de Habitations et les autorités du réseau de la santé.

« [Il faut] s'assurer qu'on ait des sondages de satisfaction réguliers », affirme M. Gendron.

L'affaire a provoqué une inspection des deux autres ressources « alternatives » de l'est de Montréal, mais rien d'anormal n'y a été noté.

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