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La SPCA ne s'occupera plus des pitbulls montréalais

La SPCA met sa menace à exécution et cessera à la fin mars de s'occuper des chiens provenant de neuf arrondissements montréalais. L'organisme affirme que le règlement de la Ville de Montréal sur les pitbulls l'obligera à euthanasier des chiens en bonne santé.

Déjà en septembre, la Société canadienne pour la prévention de la cruauté envers les animaux (SPCA) avait prévenu qu'elle recourrait à cette mesure drastique si l'administration du maire Denis Coderre allait de l'avant avec un nouveau règlement sur le contrôle animalier.

Ledit règlement étant entré en vigueur après moult rebondissements, la SPCA affirme jeudi par communiqué qu'elle retirera à compter du 31 mars le volet canin de ses services animaliers pour neuf arrondissements montréalais. Le 31 mars 2017 est aussi la date-butoir fixée par la Ville de Montréal aux propriétaires de chiens de type pitbull pour l'obtention d'un permis spécial pour leur animal.

La SPCA précise qu'elle continuera à s'occuper des chats et des autres animaux de la faune.

Les neuf arrondissements visés sont :

  • Ahuntsic-Cartierville
  • Anjou
  • Lachine
  • Le Plateau-Mont-Royal
  • Montréal-Nord
  • Côte-des-Neiges-Notre-Dame-de-Grâce
  • Rosemont-La Petite-Patrie
  • Le Sud-Ouest
  • Verdun

Ainsi, la SPCA n’a d’autre choix que de cesser d’accepter par contrat des chiens puisque cela l’amènerait inévitablement à euthanasier en série des chiens en santé et au comportement irréprochable, ce qui est à l’encontre de ses valeurs et de sa mission.

Extrait du communiqué de la SPCA publié le 22 décembre 2016

Montréal veut assurer la continuité des services

En réaction à cette annonce, la Ville de Montréal a déclaré être en discussion avec les arrondissements touchés, « dans le but d'évaluer différentes options à la lumière de ce désistement injustifié ».

La solution qui sera retenue visera à assurer la continuité des services animaliers dans ces arrondissements.

La Ville de Montréal, dans un message courriel envoyé à Radio-Canada

Par ailleurs, la Ville de Montréal dit s'être engagée à ce qu'« aucune ordonnance d’euthanasie pour quelque chien que ce soit, y compris tout chien de type pitbull, ne pourra être rendue sans un constat particularisé par l’autorité compétente à l’effet que ce chien est un chien dangereux, à risque, errant, mourant, gravement blessé ou hautement contagieux ».

Le parti d'opposition Projet Montréal, par la voix de son porte-parole en gestion animalière Sterling Downey, considère que l'annonce de la SPCA est « la toute dernière conséquence de l'approche complètement improvisée et arbitraire du maire Coderre en matière de gestion animalière ».

Pour M. Downey, conseiller de ville dans Verdun, il est inacceptable que le maire Coderre n'ait pas consulté l'un de ses principaux partenaires, soit la SPCA, en instaurant ce règlement.

Des chiens qu'on ne peut adopter

La SPCA réprouve que la Ville de Montréal « vise des races particulières » dans certains articles « répressifs et discriminatoires » de son règlement. Ces articles imposent diverses contraintes aux actuels propriétaires de pitbulls et ils interdisent à tout Montréalais de se porter acquéreur d'un tel chien depuis le 1er décembre.

La SPCA fait valoir que les chiens qu'elle reçoit sont destinés à l'adoption s'ils sont en bonne santé et s'ils ne sont pas dangereux. Or, en raison du nouveau règlement, l'organisme prévoit se retrouver avec quantité de chiens de type pitbull qui ne pourront être adoptés.

« Comme on le sait, les animaux qui ne peuvent être adoptés doivent trop souvent être euthanasiés », explique Dre Gabrielle Carrière, vétérinaire en chef à la SPCA de Montréal. En vertu de ses valeurs et de sa mission, la SPCA se refuse à euthanasier les éventuels pitbulls qui franchiraient les portes de ses différentes antennes, si ces derniers ont une bonne santé et un bon comportement.

Chaque année, la SPCA de Montréal recueille plus de 2000 chiens abandonnés, errants ou encore saisis.

La saga est loin d'être terminée

À la fin septembre, la SPCA avait entrepris des démarches en justice pour tenter de faire tomber le règlement montréalais controversé. La SPCA a essuyé un revers en Cour d'appel et mise maintenant sur une autre procédure judiciaire pour faire entendre ses objections.

Il est en effet prévu que la Cour supérieure débatte, sur le fond, de cette affaire à une date encore indéterminée.

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