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La SPCA réclame l'interdiction des calèches à Montréal

La SPCA de Montréal réclame une réglementation qui mène à l'élimination des calèches dans les rues de la métropole québécoise, estimant que l'industrie inflige des souffrances aux chevaux. Des allégations que rejette Luc Desparois, un important caléchier de Montréal.

La branche montréalaise de la Société de prévention de la cruauté envers les animaux (SPCA) lance sa campagne « Le centre-ville de Montréal n'est pas un endroit pour des chevaux ».

L'initiative intervient quelques jours avant les célébrations du 350e anniversaire du cheval canadien. L'événement doit avoir lieu samedi prochain dans le quartier Sud-Ouest où 30 calèches paraderont.

La SPCA lance également une pétition dans le but d'obtenir l'appui de la population dans sa croisade.

L'organisme appuie sa démarche en énumérant les accidents récents impliquant des chevaux. Un cheval a fait une chute à l'angle des rues Notre-Dame Ouest et Peel, dans le Vieux-Montréal, le 14 juillet dernier, et un autre s'est effondré, victime d'épuisement, la semaine dernière à Québec, rappelle l'organisme.

La SPCA précise que des chevaux travaillent souvent neuf heures par jour, sept jours par semaine, parfois par des chaleurs accablantes, pour rentrer, à la fin de leur journée de travail, dans des stalles où ils ne peuvent guère bouger.

L'organisme ajoute que les chevaux travaillent dans un environnement stressant, où le bruit des voitures et le risque de collision les mettent en danger, comme les passants qui les côtoient. Les années de marche sur le bitume - une surface anormalement dure pour les chevaux - leur causent des blessures aux pattes.

Coderre serre la bride

Le maire de Montréal, Denis Coderre, tempère les allégations de la SPCA qui parle d'une maltraitance généralisée envers les chevaux. Il explique que plusieurs changements ont été apportés à l'industrie depuis 2012 et que d'autres sont à prévoir d'ici l'automne, mais que son administration « a les choses bien en mains ».

L'administration Coderre a demandé à un organisme spécialisé de lui faire des recommandations dans le but d'améliorer la condition des chevaux dans l'industrie des calèches. Les recommandations de l'organisme à but non lucratif (OBNL) sont attendues pour l'automne et alimenteront la réflexion du maire Coderre quant à l'avenir des calèches à Montréal.

M. Coderre ajoute que « la santé des bêtes, la façon dont elles sont traitées et l'infrastructure qui va avec » constituent les principaux axes qui guideront sa décision.

Malgré un préjugé favorable à l'industrie, le maire Coderre n'a pas l'intention de la maintenir à n'importe quel prix. « On veut s'assurer que les bêtes soient bien traitées », assure-t-il.

Bien que le rapport commandé par la Ville en 2012 sur l'état de santé des chevaux de calèche à Montréal conclut que l'industrie ne contribue pas à faire augmenter la cruauté animale, la SPCA continue de soutenir que « l'utilisation de chevaux de calèche à Montréal cause d'importantes souffrances à ces chevaux ».

M. Coderre a pour sa part réitéré son désir de travailler de concert avec la SPCA, qu'il a invitée à communiquer les cas de mauvais traitement à son administration. « Je pense qu'il ne faut pas dire du jour au lendemain : "Bon, les bêtes sont maltraitées, ça ne fonctionne pas!" », déplore le maire Coderre.

Un caléchier sur la sellette

Denis Coderre indique que la Ville a plusieurs griefs devant les tribunaux à l'endroit du propriétaire de l'entreprise Lucky Luc, Luc Desparois, qui fait face à plusieurs plaintes au sujet de l'état de santé de ses chevaux. « On a huit dossiers devant la cour avec lui et si on gagne, il va y avoir la suspension de quatre permis », ajoute M. Coderre.

Luc Desparois, qui possède sept des 24 permis délivrés par la Ville, se défend de maltraiter ses bêtes. « On ne dépasse pas les heures de travail », dit-il, expliquant que ses chevaux ne travaillent que les neuf heures permises par jour.

Il soutient que les animaux sont suivis de près « par mon vétérinaire, par moi-même, par le cocher et en plus par les vétérinaires de la Ville ».

Luc Desparois ajoute qu'un cheval maltraité « va être difficile de travailler avec ».

L'image de Montréal ternie

« Les calèches tirées par des chevaux ne sont pas une manière charmante pour les touristes de découvrir le Vieux-Montréal, mais plutôt une forme subventionnée de cruauté envers les animaux, ce qui ternit l'image de notre belle ville en suscitant des commentaires négatifs », déplore le directeur général de la SPCA de Montréal, Nicholas Gilman.

La section montréalaise de l'organisme souligne que de grandes villes comme Londres, Paris, Beijing et Toronto ont interdit la circulation des calèches dans leurs rues. Elle estime que Montréal devrait emprunter la même avenue en adoptant un plan d'élimination progressive de cette industrie.

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