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La SPCA s’oppose au « profilage racial » des pitbulls

Le bannissement des chiens de type pitbull ne réglera pas les problèmes de morsures, répète encore et encore la Société pour la prévention de la cruauté envers les animaux (SPCA). Elle invitait les passants à signer une pétition, dimanche, à la station de métro Lionel-Groulx, à Montréal, contre cette mesure.

Interdire une race de chiens reviendrait à faire du « profilage racial » et irait à l'encontre de ce qu'il se fait ailleurs dans le monde, argue la directrice de la défense des animaux à la SPCA-Montréal, Alanna Devine.

« Peu importe votre perspective sur certains types de chiens, ça ne fonctionne pas, ça ne réduit pas les morsures, dit-elle. Donc, il faut aller vers de vraies solutions. Partout en Europe, on voit des pays qui avaient avant des interdictions de races et qui sont en train de les enlever parce qu'elles ne fonctionnent pas. »

L'interdiction des pitbulls amènerait l'euthanasie de plusieurs centaines, voire des milliers, de chiens qui ne sont pas agressifs, déplore Mme Devine.

Elle ajoute que le pitbull n'est même pas une race, et qu'il n'est pas facile d'en identifier un : « C'est une étiquette qu'on donne à n'importe quel chien avec une grosse tête et un corps musculaire. Quand on fait des tests d'ADN, on voit que l'identification visuelle n'est pas du tout reliée à des races. La loi est non applicable. »

Décision toujours à venir

Québec jongle avec ses options. Le groupe de travail chargé par le gouvernement d'étudier ce dossier est contre l'interdiction d'une race en particulier, mais le premier ministre Philippe Couillard n'exclut pas encore cette voie.

« Le critère principal, c'est la sécurité des gens, a insisté M. Couillard, dimanche. [...] Et il y a la responsabilité des propriétaires, également, qu'il faut mettre en jeu. »

Le premier ministre a réitéré que, même si on connaît déjà la position du groupe de travail, la décision finale n'a pas encore été prise.

Le comité qui se penche sur l'encadrement des chiens dangereux doit déposer son rapport dans les prochaines semaines.

Le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, lui, a réaffirmé samedi sa détermination à voir les pitbulls interdits dans l'ensemble de la province, en raison de la gravité des blessures infligées aux victimes lors de morsures.

Du même avis, la Ville de Montréal prévoit interdire les pitbulls dès septembre prochain.

« C'est du pur populisme, estime la Montréalaise Anouk Laurent, qui est propriétaire de deux chiens. On pense régler un problème facilement parce qu'on joue sur la peur des gens, ce qui n'arrange rien. »

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