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La SQ achève son enquête sur la tragédie de Manawan de juin 1977

La Sûreté du Québec présentait jeudi à Manawan le fruit de son enquête sur la mort de cinq jeunes Autochtones de la communauté, il y a près de 40 ans. Le véhicule dans lequel ils se trouvaient, avec deux non-Autochtones, a quitté la route et s'est retrouvé immergé dans une rivière, le 26 juin 1977.

Les cinq Autochtones sont morts, les deux non-Autochtones s'en sont sorti indemnes. Les familles des victimes ont recu l'aide de l'Association des familles de personnes assassinées ou disparues dans cette affaire. L'organisme a mis la main, l'automne dernier, sur le rapport du coroner. Un document qui soulève plusieurs questions.

Le coroner au dossier a conclu à un acte criminel, soit conduite avec les facultés affaiblies. Mais aucune accusation n'a été déposée. Les survivants, les deux non-Autochtones, ont mis des heures à contacter les autorités et admettent aussi avoir pris le temps de prendre un café avant de le faire.

En février dernier, la Sûreté du Québec a mandaté une dizaine d'enquêteurs pour relancer le dossier.

« Nous avons utilisé des photos prises par satellite de 1977 pour faire une reconstitution parce que la configuration de la route a changé », a déclaré le porte-parole de la Sûreté du Québec, Guy Lapointe. « À la fin de l'enquête, dans quelques jours, nous allons avoir rencontré plus de 25 personnes. »

« Il y a des scénarios de consommation d'alcool qui ont été faits à partir des versions qui avaient été prises en 1977, afin de déterminer des taux d'alcoolémie. Ces scénarios-là ont été faits par les gens du Laboratoire des sciences judiciaires et de médecine légale. »

Selon nos informations, les deux non-Autochtones, qui sont toujours vivants, ont refusé de collaborer à l'enquête de la SQ. Ils se sont prévalus de leur droit au silence.

Accusations ?

Les Autochtones se sont montrés satisfaits des efforts des policiers, mais n'ont que peu d'espoir de voir l'enquête déboucher sur des accusations criminelles.

« Je suis déçue parce que les policiers nous ont dit que beaucoup de preuves avaient disparu », dit Valérie Quitich, la fille d'une des victimes. « Ils ont travaillé fort, nous l'apprécions et nous espérons que des accusations seront déposées contre les survivants. Mais l'enquête aurait dû avoir été faite en 1977. »

Dans les prochains jours, la Sûreté du Québec doit finaliser son rapport, qu'elle remettra ensuite à la Direction des poursuites criminelles et pénales (DPCP). L'organisme décidera si, oui ou non, il y a matière à accusations contre les survivants dans cette affaire.

À la lecture du rapport de police, la Direction des poursuites criminelles et pénales pourrait aussi demander un complément à la preuve présentée. Le rapport d'enquête de la SQ devrait être remis d'ici la fin octobre. 

Avec les informations de Francis Labbé

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