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La tablette en classe, des résultats remarquables à l'École primaire L'Arpège

Les élèves manquent moins souvent l'école, ils sont plus motivés, et la plupart ont de meilleures notes. L'École primaire L'Arpège, à Sainte-Julie, n'a que des bons mots à propos de l'utilisation de la tablette en classe.

Un texte de Vincent Maisonneuve

Dans la classe de 5e année de l'enseignant François Lake, les élèves ont troqué cahiers et crayons pour la tablette et le stylet. À l'École primaire L'Arpège, on a pris le virage numérique.

L'école publique fournit gratuitement un iPad à chaque élève de 5e et de 6e année, au grand plaisir de Maxence, qui est en 6e : « Moi, j'aime bien le programme iPad, parce que j'aime beaucoup la technologie. Je me sens plus motivé pour faire mes devoirs ». Maïlys commence la 5e année et trouve son sac bien plus léger cette année. « Ne plus avoir de cahiers dans le sac à dos, c'est moins lourd », dit-elle.

Chaque élève est entièrement responsable de sa tablette. « Ils sont fiers d'avoir cet outil et de l'utiliser », explique la directrice de l'école, Martine Picard. Elle souligne qu'en deux ans aucune tablette n'a été brisée ou perdue.

Bien consciente que l'introduction de ces écrans dans la salle de classe pouvait soulever certaines interrogations, l'école a bien pris soin de consulter les parents et de bien former les professeurs avant de confier les tablettes aux enfants. « On a vraiment eu une longue réflexion sur le sujet », assure l'enseignant François Lake.

L'utilisation de la tablette est également très encadrée, note Caroline Montreuil, l'orthopédagogue de l'école.

L'absentéisme en forte baisse

En classe, les résultats sont étonnants. « Ç'a été exceptionnel! Exceptionnel! On a été agréablement surpris », affirme François Lake. Depuis l'introduction de la tablette, la directrice constate que le taux d'absentéisme a baissé de moitié. Martine Picard fait également moins de discipline : il y a eu 1 seul avis disciplinaire, contre 18, l'année précédente. 

Lors de notre passage en classe, les élèves ont commencé la journée par un exercice de mathématiques.« Ils ne sont pas tous au même niveau. La tablette me permet d'envoyer un document différent à chacun, selon son niveau. Les autres élèves ne savent même pas qui est à quel niveau », explique François Lake.

Une fois l'exercice de mathématiques terminé, on passe au français. La transition d'une matière à l'autre est rapide. Deux clics sur la tablette, et les élèves se remettent au travail. « Il n'y a pas de perte de temps. Pour la gestion de classe, ça aide beaucoup », note-t-il.

Les élèves ne perdent plus de temps à chercher leurs feuilles. « Moi, j'étais un peu en désordre dans mon bureau », confie Marie-Lou. Avant l'introduction de la tablette en classe, elle admet avoir souvent eu de la difficulté à retrouver ses feuilles.

Un outil pour aider les élèves en difficulté

« Je m'intéresse surtout aux élèves en difficulté. C'est sûr que pour la motivation, on voit une très grande différence. Et pour l'organisation aussi. Les élèves ne perdent pas de feuilles; tout est classé », observe l'orthopédagogue Caroline Montreuil.

Quand la classe est finie, les élèves rentrent à la maison avec leur iPad pour terminer leurs devoirs.

L'enseignante Nathalie D'amours ajoute : « Les parents peuvent même signer directement sur le iPad. Les parents peuvent voir tout ce qui se passe en classe. »

Une mère de famille, Annie Gervais, souligne à quel point il est facile pour les parents « d'avoir l'information et de savoir ce que les enfants font en classe ». Le fils de Patrick Laplante est en 6e année. M. Laplante admet qu'il était au départ un peu craintif, mais qu'aujourd'hui il n'y voit que du positif.

« C'est rentable pour l'école et pour les parents »

Selon la directrice, la tablette a permis d'établir une meilleure communication entre l'école et les parents. La tablette est également une source d'économies, car les parents n'ont pas eu à acheter autant de fournitures scolaires cette année.

L'école a dû investir des sommes importantes pour offrir gratuitement les tablettes, mais la directrice a pu réduire certaines dépenses. Il y a moins de photocopies à faire, et comme la technologie est très stable, l'école n'a pas besoin d'un technicien informatique à temps plein.

Le iPad, dans les classes depuis 5 ans

Les tablettes sont présentes dans les écoles du Québec depuis 2011. « Aujourd'hui, on parle de plus de 100 000 élèves qui apprennent au quotidien avec une tablette », souligne Thierry Karsenti, titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur les TIC.

Les élèves l'utilisent dans presque toutes les écoles secondaires privées, et même les écoles les plus conservatrices ont pris le virage, explique M. Karsenti. Dans les écoles publiques, c'est un peu plus rare. Au primaire, c'est encore moins fréquent.

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