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La tension monte pour l'enquête nationale sur les femmes autochtones

Les ratés de l'Enquête nationale fédérale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées (ENFFADA) continuent de semer l'inquiétude auprès des différentes communautés du pays. Des voix s'élèvent à nouveau pour réclamer plus de transparence de la part des dirigeants après le départ de la commissaire Marilyn Poitras survenu mardi.

La présidente de Femmes autochtones du Québec (FAQ), Viviane Michel, a réitéré ses inquiétudes quant à la solidité et l’efficacité de la structure interne de l’ENFFADA, arguant « qu’il y [avait] sûrement des problèmes ».

« Je pense qu’il y a vraiment un problème quelque part. Et on devrait arrêter de nous dire que tout va bien, quand il semble y avoir de grands problèmes à l’interne », a-t-elle déclaré en entrevue sur nos ondes.

Viviane Michel a confié avoir été prise de court par ce nouveau départ puisqu’il survient un peu moins de deux semaines après celui de Michèle Moreau, directrice de l’ENFFADA. La démission de Mme Moreau, la cinquième depuis le début de l’année, l'avait déjà poussée à faire une sortie dans les médias pour s'interroger sur « la santé de l’organisation ».

« Il faut nous rassurer »

Le dévoilement, la semaine dernière, des dates des audiences publiques de l’ENFFADA à l'automne avait temporairement calmé la plupart des inquiétudes de la présidente de la FAQ.

Mais avec le départ d’une des têtes dirigeantes de l’enquête, Viviane Michel soutient qu’il est plus important que jamais de rassurer les communautés et les organisations autochtones, mais aussi de garantir que l’équipe restante sera en mesure de garder le cap.

« Je me suis dit : ''Non! On est rendu à six démissions (sic), comment je vais réagir?'' J’ai beau me montrer optimiste, comment je vais réagir si on se rend à sept démissions? Je veux vraiment que cette commission atteigne le but, les objectifs et le mandat qu’on leur a donné », a-t-elle assuré.

Une position partagée par la poétesse innue Natasha Kanapé Fontaine. Elle dit « ressentir un profond désarroi » face aux travaux de l’enquête depuis l’annonce de la démission de la commissaire Poitras.

« Si cette vague de démissions vient jusqu’à atteindre les commissaires… qu’est-ce qui se passe? Elle [la commissaire Poitras] nous parle d’un problème de structure…mais est-ce qu’on peut avoir des réponses par rapport à ça? », a-t-elle demandé.

Natasha Kanapé Fontaine a affirmé qu’elle avait le sentiment que l’ENFFADA était en train de « s’effriter ». Elle a elle aussi déploré un manque de transparence et de communication permettant d’anticiper les impacts qu’auront les départs sur les travaux.

Mme Fontaine espère que la commission repartira à zéro, avec une nouvelle équipe, « parce [qu’on] n'a pas l’impression que ça avance [ni qu’on] arrive à des résultats concrets ».

La poétesse se dit particulièrement préoccupée par la demande d’extension, soutenant qu’elle donne l’impression « que ça va tomber à l’eau ». Elle souhaite davantage de collaboration entre les différentes parties prenantes de l’enquête avec une attention particulière accordée aux familles des victimes.

Malgré ses propres inquiétudes, Viviane Michel ne souhaite pas que l’ENFFADA fasse table rase, rappelant que le processus d’implantation de ce genre d’enquête est souvent long et laborieux.

Mme Michel a également confirmé qu’elle n’avait pas l’intention, pour l’instant, de retirer son appui à l’ENFFADA à l'instar des responsables de l’Association des femmes autochtones de l'Ontario.

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