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La terrasse d'une pâtisserie sur Laurier fermée après 20 ans d’existence

Des clients de la Pâtisserie De Gascogne ont été déçus d'apprendre que la terrasse ne sera pas ouverte cet été après près de 20 ans d'existence. Celle-ci a été jugée non conforme par l'arrondissement du Plateau-Mont-Royal, et le propriétaire soutient que les changements demandés sont trop coûteux.

Un texte d'Anne-Marie Provost, de Grand Montréal

Jacques Le Guern a installé une affiche sur la porte de sa succursale de l'avenue Laurier Ouest il y a plusieurs jours. « C'est avec regret que nous devons vous aviser de la fermeture de notre terrasse suite à un avis de non-conformité de l'arrondissement », peut-on lire sur la pancarte.

L'annonce a fait réagir. La terrasse, tranquille, avec des cèdres et des pots de fleurs, pouvait accueillir quelques dizaines de personnes. Plusieurs aimaient y prendre un café en mangeant une viennoiserie. 

La situation désole le propriétaire et il blâme les politiques « trop sévères » du Plateau-Mont-Royal.

C'est à la suite de la visite d'un inspecteur de l'arrondissement en août dernier que Jacques Le Guern a reçu un avis indiquant que sa terrasse ne respectait pas le règlement.

Les règles exigent depuis 2013 un garde-corps pour mieux délimiter l'espace et permettre la circulation des personnes à mobilité réduite, ce que l'établissement n'a pas. La terrasse occupe également plus de superficie qu'autorisé, indique l'arrondissement du Plateau-Mont-Royal.

Mais pour le propriétaire de la pâtisserie, les changements demandés représentent un coût supplémentaire alors qu'il dit déjà débourser un bon montant pour son permis de terrasse et pour les taxes municipales.

« La terrasse coûte une fortune, 5700 $ pour le permis. En 2009 on payait autour de 2300 $. Et à Westmount je paye 300 $ », déplore Jacques Le Guern.

À Gascogne de payer

Certains clients pensent toutefois que le propriétaire devrait délier les cordons de sa bourse pour garder la terrasse.

Jacques Le Guern dit avoir reçu le même type de commentaires de la part de clients.

« On leur a déjà dit qu'on ne peut pas satisfaire à la fois la Ville et la clientèle. C'est beaucoup trop onéreux, surtout qu'il faudrait rajouter un plancher, qu'on doit enlever l'hiver, alors qu'on vend des croissants et des cafés. Ça n'a pas de sens », réplique-t-il. Il ajoute qu'en plus de mettre un plancher, il faudrait également enlever les fleurs et les cèdres pour installer le garde-corps.

Selon lui, l'arrondissement a une vision trop homogène des terrasses et nuit à la créativité.

« Ils voudraient que tout le monde soit pareil », déplore-t-il.

Plusieurs aménagements possibles

Du côté de l'arrondissement du Plateau-Mont-Royal, on nie exiger à la pâtisserie de mettre un plancher et d'enlever les plantes.

« On demande un garde-corps. Il peut être vissé dans les bacs de fleurs sans mettre de plancher », souligne Michel Tanguay, chargé de communication au Plateau-Mont-Royal.

Il ajoute qu'il y a une multitude d'aménagements possibles et il invite l'établissement à discuter avec l'arrondissement.

Jacques Le Guern rapporte leur avoir écrit l'automne dernier, sans succès. Michel Tanguay reconnaît que l'arrondissement leur avait promis la visite d'un employé pour en discuter avec lui; il ne s'est finalement jamais présenté à la pâtisserie. Il estime toutefois que l'établissement aurait dû relancer l'arrondissement après avoir reçu son avis de renouvellement en février dernier.

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