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La vague orange n’était pas qu’un feu de paille, soutient Hélène Laverdière

Bien qu'elle devra de nouveau affronter le chef bloquiste Gilles Duceppe, une perspective inimaginable il y a quelques semaines à peine, la députée sortante de Laurier-Sainte-Marie, la néo-démocrate Hélène Laverdière, garde le cap sur l'objectif numéro un de son parti : battre les conservateurs et faire de Thomas Mulcair le nouveau premier ministre du Canada.

Un texte de François Messier

En entrevue à ICI RDI, lundi après-midi, Mme Laverdière s'est montrée bonne joueuse face au retour du ténor souverainiste, qui a représenté Laurier-Sainte-Marie sans interruption de 1990 à 2011. « J'ai beaucoup de respect pour M. Duceppe », a-t-elle affirmé. « Je lui souhaite à lui, comme aux autres candidats, bonne chance pour la très longue campagne. »

Mme Laverdière refuse toutefois de se mouiller lorsqu'on lui demande si elle est nerveuse à l'idée de ce match revanche. « Moi, mon objectif, et celui de mes collègues, c'est vraiment de remplacer Stephen Harper, de le défaire, et de le remplacer par un gouvernement vraiment progressiste. C'est là-dessus que je "focuse". Et j'entends beaucoup les gens dans la circonscription, c'est-ce qu'ils veulent. C'est ça le travail à accomplir ».

Bien que la campagne néo-démocrate de 2011 avait été portée par la performance du défunt chef Jack Layton, Hélène Laverdière croit que le parti pourra répéter sa performance grâce au travail de son successeur, Thomas Mulcair. « C'est vraiment le premier ministre qu'il nous faut », lance-t-elle, en vantant son expérience, ses principes, sa vision, et sa connaissance des dossiers.

« Personne ne s'obstine là-dessus. La vague orange, ce n'était pas qu'un feu de paille », poursuit-elle. « Personne d'entre nous ne se présentait parce qu'on s'est dit : "on veut devenir député fédéral, on va se présenter pour le NPD". On se présentait parce qu'on y croit tous. » Elle vante d'ailleurs le travail de la députation néo-démocrate, vertement attaquée par le chef conservateur Stephen Harper lundi matin.

Mme Laverdière a par ailleurs profité de la tribune qui lui était offerte pour répliquer aux propos tenus par Gilles Duceppe lorsque son retour comme chef du Bloc québécois a été confirmé. « Personne ne se bat pour le Québec », avait-il lancé, en arguant que, pour le Nouveau Parti démocratique, « c'est le Canada d'abord et le Canada tout le temps ».

« Quand je me bats contre [la loi antiterroriste] C-51, pour le logement social, quand on s'assure de faire passer un projet de loi pour le bilinguisme des agents du Parlement, quand je me bats contre les coupures à Radio-Canada, pour le maintien du service postal, contre les changements au système d'assurance-chômage, contre le partage des revenus qui ne favorise que le 15 % des plus riches de notre société, moi, j'ai l'impression que je me bats pour les Québécois, les Québécoises, et au premier chef, pour les gens de Laurier-Sainte-Marie », a-t-elle fait valoir.

Le retour de Gilles Duceppe à la barre du Bloc québécois a été confirmé au début du mois de juin, mais ce n'est qu'en fin de semaine que ce dernier a confirmé qu'il briguerait à nouveau les suffrages dans Laurier-Sainte-Marie. En 2011, il avait récolté 35,9 % des suffrages, contre 46,6 % pour Mme Laverdière. Le candidat libéral n'avait pas franchi la barre des 10 %.

La double tâche de Gilles Duceppe

En entrevue à Radio-Canada lundi, M. Duceppe a expliqué que son retour dans Laurier-Sainte-Marie n'a jamais fait de doute dans son esprit, même si cela n'a été confirmé qu'en fin de semaine. « J'ai tardé un peu à annoncer la décision parce qu'il y avait des membres de l'exécutif en vacances », a-t-il expliqué. « Je pense que c'est la moindre des délicatesses que de rencontrer l'exécutif local, les gens qui travaillent pour nous, avant d'annoncer la décision, qu'ils ne l'apprennent pas par les journaux. »

Contrairement à Mme Laverdière, Gilles Duceppe fera cependant campagne partout au Québec. À ce sujet, il affirme cependant que le déclenchement hâtif de la campagne par Stephen Harper ne modifiera pas son approche. « Moi, j'étais en pré-campagne. J'avais commencé la semaine passée. Là, je ferai les mêmes trajets, mais je vais être en campagne plutôt qu'en pré-campagne. Je vais être aux Îles-de-la-Madeleine, mais je devais y être de toute façon », a-t-il illustré.

M. Duceppe admet cependant que le Bloc va devoir accélérer le pas pour avoir une équipe complète le plus rapidement possible. « On avait prévu une série d'assemblées d'investitures pour donner un momentum [...] Maintenant, partout où il n'y a qu'un seul candidat ou une seule candidate, l'exécutif peut, en vertu des règlements, faire une demande de nomination. »

« Je pense que d'ici 10 jours, on aura au-delà de 70 candidats-candidates de nommer », ajoute-t-il. Dans des circonscriptions où plus d'un candidat est intéressé, le parti souverainiste doit cependant organiser des assemblées d'investiture. Certaines n'auront lieu que dans « deux ou trois semaines », soutient-il.

Des semaines qui s'annoncent chargées pour la candidate libérale

À l'instar de Mme Laverdière, la candidate libérale Christine Poirier a souhaité la bienvenue à Gilles Duceppe. Elle assure cependant que son entrée en scène ne modifiera pas son plan d'attaque.

« Je suis présente sur le terrain depuis plus d'un an. On poursuit la même stratégie. J'ai cogné à plus de 10 000 portes jusqu'à présent. Donc, je vais continuer de faire du porte-à-porte jusqu'au bout », affirme-t-elle. « J'ai une belle équipe de bénévoles qui est montée depuis un certain temps, et qui continue de s'agrandir. »

Les prochaines semaines s'annoncent par ailleurs plus mouvementées que jamais pour la candidate de 35 ans : infirmière, entrepreneure et mère d'une fillette de 8 ans, elle devrait donner naissance à un second enfant au tout début du mois de septembre, alors que la campagne battra son plein.

Le Parti conservateur du Canada n'a pas voulu commenter le retour de Gilles Duceppe dans Laurier-Sainte-Marie, où il est représenté par Daniel Gaudreau. La formation dit vouloir laisser toute la place à l'annonce faite par son chef, Stephen Harper, en matinée.

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