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La vente d'un bâtiment patrimonial soulève la controverse à Mirabel

En 1988, le Cégep de Saint-Jérôme a mis la main sur le manoir de Belle-Rivière, construit il y a plus de 200 ans, pour la somme symbolique de 1 $. L'institution souhaite maintenant vendre ce bâtiment exproprié par Ottawa, mais le fera selon la valeur du marché... soit environ 800 000 $. Cela indigne le maire de Mirabel.

Un texte de Francis Labbé

Construit en 1804 par les Sulpiciens, qui étaient propriétaires de la Seigneurie des Deux-Montagnes, le manoir de Belle-Rivière a été exproprié par le gouvernement fédéral dans la foulée de la construction de l'aéroport de Mirabel, au début des années 1970.

Les domaine et manoir de Belle-Rivière ont été classés immeubles patrimoniaux en 1963 par le ministère de la Culture et des Communications du Québec.

« La revente de ce bâtiment reste liée au ministère fédéral des Travaux publics, c'est lui qui va prendre la décision ultime », précise Mme Guylaine Gagnier, coordonnatrice du service des communications du Cégep de Saint-Jérôme.

« Les canaux de communications sont ouverts. Nous sommes présentement en négociation. La ville de Mirabel est un acquéreur naturel pour ce bâtiment, selon nous. Nous souhaitons tout de même vendre ce bâtiment prochainement. Nous allons faire tout ce que nous pouvons pour trouver un terrain d'entente qui satisfera toutes les parties », poursuit Mme Gagnier, qui ne cache pas que des discussions sont en cours avec d'autres acquéreurs potentiels.

« C'est énorme »

Le maire de Mirabel, Jean Bouchard, s'offusque de la situation. Dans un communiqué de presse, le maire affirme que « le prix demandé [NDLR : environ 800 000 $] est totalement déraisonnable, vu son acquisition pour 1 $ ».

« Je ne crois pas que la population accepterait de le payer 800 000 $, d'autant plus que le fédéral l'a exproprié et l'a cédé pour un dollar. Ce manoir-là a une histoire aussi vieille que le Moulin Légaré à Saint-Eustache », affirme Jean Bouchard en entrevue.

« On a plusieurs possibilités. En faire un bureau touristique, un endroit pour exposer le travail de nos artistes, peut-être aussi un musée. Nous allons tout faire pour en être les prochains propriétaires », affirme le maire Bouchard.

Que Québec s'en mêle

Pour la députée de Mirabel, Sylvie D'Amours, de la Coalition avenir Québec, c'est au gouvernement provincial d'intervenir. « Le gouvernement provincial doit négocier avec le fédéral et ensuite entrer en relation avec la Ville de Mirabel. »

« C'est un monument qu'il faut conserver, qui doit rester public, pour que tous les citoyens aient accès à ce monument-là. Je serais très déçue s'il s'en allait dans les mains du privé », ajoute Mme D'Amours.

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