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La vérificatrice générale de Montréal mise sur la collaboration pour lutter contre la corruption

La nouvelle vérificatrice générale et l'inspecteur général de Montréal s'engagent à travailler ensemble contre la corruption et la collusion. Michèle Galipeau, vérificatrice générale de Laval de 2012 à 2016, vient d'entreprendre un mandat de sept ans à la Ville de Montréal. Elle a été nommée en juin par le conseil municipal et est en fonction depuis le 15 août.

Un texte de Benoît Chapdelaine

« Je suis tombée à Laval, dit-elle, l'année où il y a eu toutes les arrestations et tout... Ça a été une excellente école pour moi parce que j'ai tout vu, j'ai vu beaucoup de choses. On parlait de commission Charbonneau, Montréal et Laval ont été extrêmement exposées. Comme vérificatrice générale, j'ai eu à voir toutes ces situations-là et à me questionner par rapport à ce que je faisais, par rapport à tout ça », explique-t-elle.

Michèle Galipeau a succédé à Jacques Bergeron, dont le rapport sur le contrat des compteurs d'eau avait fortement ébranlé l'ancienne administration Tremblay en 2009. Jacques Bergeron avait aussi publié en 2013 un rapport accablant sur des indices de collusion dans le déneigement, un rapport qui avait incité l'Inspecteur général de Montréal, Denis Gallant, à lancer une enquête. M. Gallant souhaite la bienvenue à celle qui succédera à ce dernier.

« J'ai eu une bonne discussion avec elle, dit-il. C'est le même esprit de collaboration qu'il y avait avec nos deux bureaux et ça va demeurer. Je considère que la fonction de vérificateur général, avec toute l'indépendance prévue par la loi, un peu comme nous, c'est un incontournable », assure M. Gallant.

« On doit s'aider, on n'a pas le même rôle... Je ne fais pas d'enquête. Je n'ai pas le pouvoir sur les organismes externes, ce que M. Gallant a. Par contre, si je vois quelque chose dans le cadre de mon audit, c'est intéressant que je puisse aller le donner à quelqu'un d'autre, c'est le bureau juste en face du mien, c'est facile... Je pense qu'on veut travailler ensemble, c'est gagnant-gagnant », ajoute-t-elle.

Michèle Galipeau constate que, malgré son importance, le travail de vérificateur général dans les grandes villes du Québec depuis le début des années 2000 demeure méconnu de la population. Chaque ville de plus de 100 000 habitants doit être dotée d'un vérificateur.

« Les gens ont beaucoup de difficultés à comprendre ce qu'est un vérificateur général », souligne-t-elle. Leur expliquer sera « un de mes défis pour les sept prochaines années ».

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