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La voiture électrique fait sa place, lentement mais sûrement

Alors qu'elles relevaient presque de la science-fiction il y a 10 ans, les voitures électriques sont de plus en plus nombreuses sur les routes du Québec. Plusieurs obstacles demeurent encore, mais les choses évoluent peu à peu dans la bonne direction. Et Québec a de grandes ambitions. Portrait de la situation.

Un texte de Jean-Sébastien Cloutier

À La Prairie, tous les matins de la semaine, Simon-Pierre Rioux monte à bord de sa Nissan Leaf pour aller travailler au centre-ville de Montréal. Il a rechargé sa voiture électrique pendant la nuit et quand sa batterie est pleine, elle offre une autonomie de 160 km. Assez pour faire un aller-retour sans inquiétude.

En 2012, Simon-Pierre ne connaissait rien aux voitures électriques. Il a alors participé à un essai routier au Salon de l'auto de Montréal, comme il s'en fait encore cette année. Et ça a été le coup de foudre. Tellement qu'aujourd'hui, il est devenu président de l'Association des véhicules électriques du Québec, une association qu'il a voulu créer pour renseigner les Québécois sur sa nouvelle passion.

Depuis quatre ans, le nombre de Québécois qui deviennent propriétaires d'une auto électrique double presque d'année en année. Ils étaient 1207 en 2012. Ils sont passés à 8188 au 31 décembre dernier. Une hausse à mettre en perspective : les voitures électriques représentent à peine 0,13 % des véhicules en circulation encore aujourd'hui au Québec.

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Les coûts

À l'achat d'un véhicule entièrement électrique, Québec donne un crédit de 8000 $ après taxes. La Nissan Leaf de Simon-Pierre revient quand même à 32 000 $. Les économies se font plus tard. Comme il roule 30 000 km par année, il estime économiser 2500 $ d'essence tous les ans, soit plus que la moyenne.

Directrice de l'électrification des transports à Hydro-Québec, France Lampron voit seulement des avantages à acheter une voiture électrique.

Lentement, mais sûrement...

Mis à part la Tesla qui a une autonomie de plus de 400 km, mais qui coûte environ 80 000 $, les voitures électriques présentement sur le marché ne disposent pas d'une autonomie suffisante pour faire le trajet Montréal-Québec. L'année 2016 verra toutefois apparaître une nouvelle génération de véhicules électriques avec en tête la nouvelle Bolt de Chevrolet, présentée la semaine dernière au Salon de l'auto de Détroit : 320 km d'autonomie pour un prix de vente visé de 30 000 $ US environ.

Voilà donc une évolution et une bonne nouvelle pour Québec, qui caresse l'objectif ambitieux d'avoir 100 000 véhicules électriques sur les routes de la province en 2020, soit 80 000 de plus qu'aujourd'hui. Simon-Pierre Rioux est optimiste : « La Bolt, ça va être un grand coup d'envoi. C'est là qu'on devrait voir au moins un 10 % des gens qui vont se tourner vers l'électrique », prévoit-il.

En attendant, les services dédiés aux « électromobilistes » - comme ils se désignent maintenant - s'améliorent. Le Circuit électrique, mis sur pied par Hydro-Québec et 130 partenaires commerciaux et municipaux, compte maintenant 600 bornes de recharge un peu partout dans la province. L'objectif est d'en avoir 800 à la fin de l'année.

Une trentaine de bornes rapides sont actuellement disponibles. Entre autres incitatifs, le gouvernement offre maintenant les passages gratuits aux véhicules électriques sur les ponts à péage des autoroutes 25 et 30.

En outre, plusieurs voies réservées au transport en commun le sont aussi désormais aux voitures électriques sur les autoroutes. Bref, les choses avancent quand même bien au Québec, ce qui n'est pas le cas ailleurs au Canada. D'ailleurs, plus de la moitié des voitures électriques vendues au pays se trouvent au Québec. Aux États-Unis, elles sont surtout en Californie.

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Simon-Pierre Rioux ajoute que les concessionnaires doivent aussi faire leur bout de chemin. « Si le concessionnaire n'a pas le véhicule en inventaire, il va tenter de rediriger le consommateur vers un véhicule qui est disponible. Ils ne veulent pas perdre le consommateur parce qu'ils savent que s'il quitte, souvent il ne reviendra pas. Donc, on essaie de le réorienter en disant des choses comme : le véhicule n'a pas assez d'autonomie, il y a un véhicule qui pourrait coûter moins cher en bout de ligne... »

La disponibilité des véhicules est aussi un problème, selon lui. Le consommateur qui souhaite acheter une voiture électrique doit parfois attendre jusqu'à six mois avant de la recevoir. « Le 8000 qu'on a en ce moment au Québec pourrait facilement être le double s'il y avait plus de véhicules de disponibles chez les concessionnaires », conclut Simon-Pierre Rioux.

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