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Lachute tente de séduire l’industrie du cannabis

La petite municipalité de Lachute, dans les Laurentides, veut profiter de la légalisation prochaine du cannabis au Canada. Une entreprise albertaine, Aurora, y construit déjà une usine et un entrepreneur de Laval compte en faire autant cet été.

Un texte de Marie-Eve Cousineau

L’entreprise albertaine Aurora recrute des employés à sa nouvelle usine de Lachute, en attente d’un permis de production de Santé Canada. Environ une centaine d’employés travailleront dans les installations, où seront produits 4500 kilos de cannabis.

« On a plus de 200 candidats pour chaque poste affiché sur notre site web », dit André Jérôme, vice-président principal à l'intégration d'Aurora.

André Jérôme était auparavant le pdg de H2 Biopharma, une entreprise de production de cannabis médicinal située à Lachute. Il l’a vendue en novembre à Aurora. Pourquoi Lachute? Parce que les terrains disponibles se trouvent en zone agricole et surtout loin des résidences, parcs et écoles, répond-il.

La Municipalité facilite aussi l’installation des producteurs de cannabis à des fins thérapeutiques.

La Municipalité de Lachute s’est positionnée dès 2014 pour attirer des entreprises de production de cannabis. Elle a ciblé le chemin des Sources comme lieu potentiel pour l’industrie.

Aucune résidence ne se trouve sur cette route puisque des expropriations ont eu lieu en 2004 et 2005, à la suite de l’aménagement du site d’enfouissement.

« On a fait un amendement, au niveau de l’urbanisme, pour ajouter un usage de marijuana thérapeutique en zone agricole, sur le chemin des Sources, dit le maire de Lachute, Carl Péloquin. De le faire d’avance, quand on a vu qu’on avait des demandes de la part d’entreprises du secteur, c’est ça qui a fait la différence. »

La mairie de Lachute avait d'abord songé à diriger les producteurs vers le parc industriel autoroutier plutôt que vers le chemin des Sources, a mentionné le maire Péloquin, jusqu'à ce qu'un regroupement de propriétaires industriels viennent voir les membres du conseil municipal pour « indiquer qu'ils n'étaient pas tellement chauds à l'idée d'avoir ce type d'usines à proximité, de peur que ça fasse baisser la valeur de leurs immeubles ».

Dans la municipalité de près de 13 000 habitants, les nouveaux venus semblent maintenant bien accueillis. Les citoyens rencontrés saluent cette création d’emplois.

Il faut dire qu'en 2011 et 2012, plusieurs usines ont fermé à Lachute, ce qui a entraîné la perte de 500 à 600 « bons emplois industriels », affirme Carl Péloquin.

La situation s'est améliorée depuis. Le taux de chômage dans la MRC d'Argenteuil, dont fait partie Lachute, avoisine 6 %, souligne le maire. En février, la MRC a annoncé l'embauche d'un commissaire au développement économique afin d'aider, entre autres, les entreprises récemment installées dans la région à trouver des employés.

L'entreprise Evexia dit avoir opté pour Lachute notamment en raison de la disponibilité de la main-d'oeuvre. Elle est en cours de processus pour obtenir sa licence de production de Santé Canada.

« Le plan, c’est de commencer à construire l’usine dès cet été, dit son fondateur, Nick De Stefano, un entrepreneur de Laval. On espère obtenir le permis avant la fin de l’automne. » Une trentaine d’emplois pourraient être créés. Nick De Stefano estime que la capacité de production s'élèvera à 5000 kilos par année.

Pas question de fumer du pot dans les parcs

Des citoyens ont interpellé le conseil municipal de Lachute au sujet de l'encadrement de la consommation du cannabis. « On va assurément être plus restrictif que pas, dit Carl Péloquin. Actuellement, dans nos parcs, il est interdit de fumer la cigarette. C'est sûr que ce ne sera pas possible de fumer de la marijuana non plus. »

Au Québec, six producteurs détiennent actuellement une licence de Santé Canada pour produire et vendre du cannabis à des fins médicales.

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