Laurie Coulombe n'est pas une coiffeuse comme les autres. Elle pourrait sagement couper les cheveux dans le salon où elle travaille, mais non. Son autre clientèle, c'est à vélo qu'elle va la chercher au cœur des entreprises. Elle se déplace ainsi sur les lieux de travail de ses clients. Cette passion pour le vélo est née après un drame qui a marqué sa vie.

Un texte de Robert Frosi

« Quand mon père est décédé, j'avais vu passer une annonce pour un cyclo-défi, pour amasser des dons pour le cancer. Puis sur le lit de mort de mon père, j'ai eu le temps de lui demander ce qu'il pensait de ça, si je faisais Montréal-Québec à vélo. Il m’a dit : "Ma fille si tu fais ça, je vais être tellement fier de toi." Le jour de son décès, j'ai appelé pour m'inscrire à ce défi-là. J'ai acheté un vélo, je me suis entraîné tout l'hiver, j'ai accompli mon défi et depuis je n'ai plus arrêté de rouler finalement.

« En fait, il y a eu un temps où j'offrais le service à vélo pour les particuliers. Mais maintenant que je peux offrir le luxe à ma clientèle de venir au salon, je propose le service à vélo dans la ville de Montréal pour les entreprises qui veulent offrir ce service à leurs employés. »

Ces clients qu'elle va rejoindre sur son deux-roues lui permettent aussi de combler les frais que lui occasionne son autre passion, la course semi-professionnelle avec l’équipe Peppermint.

« C'est sûr qu'étant une femme dans le domaine cycliste, surtout ici au Québec, on n’a pas le soutien financier, on n'a pas de chèque de paie. Dans le cyclisme, on a tout le soutien des commanditaires qui absorbent le matériel, casque, souliers… Mais je dois travailler pour les dépenses de voyage, d’hébergement… Je dois absolument travailler pour subvenir à mes besoins. »

Nous l’avons suivi alors qu’elle parcourait la ville pour aller rencontrer son client, créateur dans une compagnie de communication dans le Vieux-Montréal. Arrêtée à un feu rouge, elle esquisse un large sourire.

Et les clients comment voient-ils ce service un peu particulier?

« Ça permet de décompresser un peu, dit Jean-Nicolas. On prend des pauses quand on peut, souvent c'est difficile. Là, c'est une pause forcée, c'est le fun. »

Laurie Coulombe aimerait que son métier de coiffeuse à vélo prospère, mais elle aurait besoin d'aide pour monter une vraie entreprise. « C’est sûr que dans un monde idéal, j'aimerais ça pouvoir rouler ma business, faire des petits, avoir une flotte à vélo. Offrir ce service avec d'autres coiffeurs...

« C’est sûr qu'un mentor, ça aide. Étant donné que je suis une personne super active, je suis un petit peu moins bien organisée. Les gens qui sont là pour m'aider c’est toujours merveilleux, mais l'avenir je ne sais pas »

Laurie Coulombe continue d'accumuler les coupes en attendant de pouvoir soulever la sienne et comme elle le dit si bien : « Je pédale pour mieux pédaler. »

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