Les données du dernier recensement indiquent que les Lavallois sont deux fois plus nombreux à avoir l'anglais comme langue d'usage qu'il n'y a d'anglophones dans la ville. La Société Saint-Jean-Baptiste dénonce la situation et demande à la Ville et au gouvernement du Québec d'agir.

Un reportage de René Saint-Louis

À Laval, 7 % de la population est anglophone, mais 13 % des résidents disent parler l'anglais à la maison. Les gens qui emploient l'anglais comme première langue officielle parlée sont encore plus nombreux : ils représentent 17 % de la population.

Ces données tirées du recensement canadien de 2016 inquiètent le président de la Société Saint-Jean-Baptiste. Selon Maxime Laporte, Laval est la ville qui s'anglicise le plus rapidement au Québec.

Sur le terrain, les Lavallois sont nombreux à constater un glissement vers l’anglais, particulièrement dans le quartier Chomedey. « On a qu'à tendre l'oreille », disent certains passants.

Diane S. Boutin remarque qu'on l'accueille en anglais dans certains commerces du boulevard Curé-Labelle. « Il y en a qui vont faire l'effort, si on leur répond en français, de nous parler français. Mais si on continue la conversation en anglais, ce qu'il ne faut pas faire à mon avis, c'est sûr que ces gens-là ne feront pas d'effort. Je trouve ça désolant », explique Mme Boutin.

Lors de notre micro-trottoir, nous avons demandé à cinq jeunes s'ils trouvaient que Laval s'anglicise. Un seul a répondu non et quatre autres ont répondu oui. Deux d'entre eux trouvent même que c'est une bonne chose, dont Amid, un jeune de 16 ans d'origine algérienne.

« La majorité des personnes parlent plus en anglais que français. Ils préfèrent l'anglais parce que c'est une meilleure langue. C'est la langue numéro UN au monde. Alors les gens préfèrent parler en anglais, c'est sûr. Puis même moi, si j'avais eu la chance de parler en anglais à la place du français, j'aurais préféré », résume-t-il.

Que faire?

Pour freiner l'anglicisation, le président de la Société Saint-Jean-Baptiste demande aux gouvernements du Québec et aux villes de respecter la loi 101 et d'offrir leurs services uniquement en français aux nouveaux arrivants.

Maxime Laporte affirme que la « bilinguisation » des services publics est responsable du phénomène. Le message que cela envoie, dit-il, est que le français est une langue optionnelle et facultative. Il faut, selon lui, faire comme partout ailleurs sur la planète, y compris en Grande-Bretagne, c'est-à-dire offrir les services publics uniquement dans la langue nationale.

À l'heure actuelle, à Laval, tout citoyen peut demander à recevoir sa correspondance et ses services municipaux en anglais. Le maire de Laval, Marc Demers, soutient que par courtoisie, il répond en anglais aux citoyens qui lui posent des questions dans la langue de Shakespeare aux séances du conseil municipal.

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