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Laval veut faire barrage au projet Énergie Est

La Ville de Laval dit non au projet de pipeline Énergie Est et entend fédérer d'autres municipalités pour contrer cette entreprise controversée.

Le maire de Laval, Marc Demers, entouré de citoyens et d'environnementalistes, a présenté jeudi le mémoire déposé à la commission de l'environnement de la Communauté métropolitaine de Montréal, et ce, à une semaine du début des consultations publiques sur le projet.

Laval est catégorique : elle ne veut pas de cet oléoduc sur son territoire, mais aussi dans son intégralité. Le maire Demers appelle d'ailleurs à une mobilisation du monde municipal, des citoyens et de la société civile pour s'opposer à ce projet.

Même si le tracé de cet oléoduc n'est pas encore finalisé, Laval, qui se base sur les plans à l'étude, craint qu'il traverse la partie est de l'île Jésus et franchisse les rivières des Mille-Îles et des Prairies, de même que la zone agricole et deux quartiers résidentiels.

Le maire de Laval n'a pas été convaincu après une rencontre avec des représentants de TransCanada en août dernier. Il soutient que « des problèmes graves se produisent par centaines sur les oléoducs existants. Devant de tels risques, il s'avère injustifiable de permettre ce projet. La sécurité des personnes prime sur le reste et nous ne permettrons pas de mettre la santé et la vie de nos citoyens en danger. »

De plus, M. Demers dit ne pas vouloir cautionner un projet qui « prône l'utilisation des combustibles fossiles, donc non renouvelables ». Il préconise plutôt une « vision basée sur le développement durable, la diminution des gaz à effets de serre, la réduction de la dépendance à l'automobile, particulièrement en mode solo, la mobilité active des citoyens, l'électrification des transports, la mise en place de mesures efficaces d'économie d'énergie et le développement des énergies vertes renouvelables ».

Présent à l'annonce du maire de Laval, Steven Guilbeault, directeur principal d'Équiterre, a salué le « leadership du maire Demers qui, à l'aube de la conférence de Paris sur le climat, reconnaît que notre développement ne passe plus par les combustibles fossiles ».

TransCanada veut poursuivre le dialogue

En entrevue à l'émission Le 15-18, le porte-parole du projet Énergie Est, Tim Duboyce, a fait savoir que sa compagnie n'était pas découragée par la position de Laval, affirmant que le dialogue allait se poursuivre avec l'ensemble des municipalités concernées.

M. Duboyce a annoncé qu'un document complet, préparé par les experts de TransCanada et comprenant des réponses aux questionnements de Laval, sera prêt ce soir.

Il a dit comprendre qu'un projet d'une telle envergure puisse soulever des questions. « Nous allons continuer notre engagement auprès des parties prenantes, comme les municipalités et les propriétaires terriens », a précisé M. Duboyce.

Cela dit, TransCanada ne prendra pas part aux consultations publiques à venir. Tim Duboyce a expliqué que sa compagnie « n'a pas une place appropriée » dans ce processus destiné aux élus et aux citoyens, selon lui.

Affirmant que le recours au pétrole est inévitable pendant encore quelques décennies, le porte-parole du projet Énergie Est, en citant l'Institut Fraser, est convaincu que l'oléoduc est quatre fois plus sécuritaire que le transport par rails. Il présente aussi, d'après lui, l'avantage d'être « meilleur pour l'environnement ».

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