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Le BAPE donne son aval au projet contesté de terminal pétrolier à Montréal-Est

Le Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE) approuve l'emplacement retenu dans le cadre du projet controversé de terminal d'approvisionnement de carburant aéroportuaire à Montréal-Est. Il apporte toutefois certains bémols, notamment au sujet du raccordement au réseau de pipeline Trans-Nord.

L’emplacement retenu par la Corporation internationale d'avitaillement de Montréal (CIAM), qui agit comme promoteur dans ce dossier, « est approprié à la réalisation du projet », écrit, dans son communiqué final, la commission d’enquête du BAPE, qui a rendu son rapport public mercredi.

Mais « en raison des volumes de sols contaminés qui sont encore présents à l’emplacement retenu », elle estime que la CIAM devrait faire « un suivi exhaustif des hydrocarbures pétroliers dans les sols et les eaux souterraines derrière la façade du quai » et qu'elle devrait mettre en oeuvre des « moyens visant à empêcher la contamination d’atteindre le fleuve Saint-Laurent ».

Le BAPE recommande aussi au ministère de l'Environnement du Québec de s'assurer avec l'Office national de l'énergie que l'oléoduc de la compagnie Trans-Nord qui sera utilisé pour transporter une partie du carburant satisfait à toutes les exigences en matière de sécurité.

Construit en bonne partie il y a 65 ans, cet oléoduc, qui relie Montréal-Est à Dorval en passant par Montréal-Nord, la rivière des Prairies et Laval, ne faisait pas partie de l'étude d'impact du projet. Or, il serait responsable à lui seul de 6 des 13 incidents liés aux pipelines répertoriés au Québec par l'Office national de l'énergie depuis 2008.

Le président du Comité de vigilance environnementale de l'Est de Montréal, Vincent Marchione, a participé aux audiences du BAPE. Il est déçu des conclusions du rapport. « On est quand même fâchés qu'en l'an 2018, on continue à placer des réservoirs aussi près des habitations. On ne peut pas savoir si un jour il y avoir un accident, admet-il. Mais nous, on pense qu'il pourrait y avoir des accidents. »

La commission d'enquête du BAPE avait débuté ses travaux à la fin du mois de janvier dernier. En tout, 28 mémoires lui ont été soumis.

Un projet controversé

Actuellement, une grande partie du carburant d'avions (ou kérosène) destiné aux aéroports Pierre-Eliott-Trudeau (Montréal), MacDonald-Cartier (Ottawa) et Pearson (Toronto) arrive par bateau au port de Québec. Il est ensuite acheminé par train, par barge ou par camion.

La CIAM défend un projet qui pourrait permettre aux compagnies aériennes utilisant ces aéroports d'être ravitaillées beaucoup plus facilement. Elle aimerait amorcer les travaux de construction cet automne.

S'il voit le jour, le terminal sera aménagé à l'angle de la rue Notre-Dame et de l'avenue Gamble, à Montréal-Est – un endroit déjà exploité pour des activités pétrolières, souligne le BAPE.

Le projet de 150 millions de dollars, qui a été présenté pour la première fois en 2015, prévoit la construction d'un quai de transbordement pour recevoir les navires-citernes d'approvisionnement sur le Saint-Laurent, ainsi que huit réservoirs géants, qui pourront entreposer 164 millions de litres de carburant. Ce premier site serait relié à un second site, situé de l'autre côté de la rue Notre-Dame, qui permettrait de transborder le kérosène dans des trains en direction d'Ottawa et de Toronto. Enfin, une conduite de 7 kilomètres serait construite pour relier le terminal au pipeline Trans-Nord, qui alimente déjà l'aéroport Montréal-Trudeau.

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