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Le braqueur « courtois » déclaré délinquant dangereux

Après 20 ans de braquages, vols, séquestrations et évasions, Raynald Leblanc écope de l'une des mesures les plus draconiennes du Code criminel. En tant que délinquant dangereux, il demeurera derrière les barreaux pour une durée indéterminée.

Un texte de Geneviève Garon

« Une étincelle de possibilité de changement ». C'est ainsi que la juge de la Cour du Québec Silvi Kovacevich a décrit la faible possibilité de réhabilitation de Raynald Leblanc.

L'homme de 44 ans fixait le sol, la tête baissée, alors que la juge affirmait qu'il est incapable de contrôler ses actes. Elle craint qu'il ne cause « la mort ou des dommages psychologiques graves » à d'autres victimes s'il est remis en liberté.

Pour rendre sa décision, la juge s'est basée sur deux rapports d'évaluation psychiatriques qui concluent que Raynald Leblanc représente un risque tellement grand, qu'il ne peut pas être contrôlé en société.

Il récidive de plus en plus et depuis 2005 la gravité des crimes s'accentue.

Rachelle Pitre, procureure de la Couronne

Une longue feuille de route criminelle

Au cours des deux dernières décennies, Raynald Leblanc a commis une série de crimes avec comme toile de fond, une forte dépendance à la drogue. Sa carrière criminelle a culminé avec six braquages commis dans des bars du Plateau Mont-Royal, à Montréal, en 2011.

Accompagné de complices, il a volé des milliers de dollars, en menaçant clients et employés.

Mais l'arme à feu des comparses était fausse.... Ce qui a toujours fait dire à Raynald Leblanc qu'il n'avait jamais voulu blesser qui que ce soit et que personne n'a été brutalisé. Le surnom de voleur « gentleman » ou « courtois » est resté.

Pour la juge Kovacevich, ce n'est qu'une preuve de plus que le braqueur minimise les séquelles psychologiques de ses victimes.

Il démontre une indifférence marquée quant aux conséquences de ses actes.

Silvi Kovacevich, juge

Raynald Leblanc demeurera donc derrière les barreaux tant et aussi longtemps que la Commission des libérations conditionnelles le jugera nécessaire.

La première évaluation aura lieu sept ans après son incarcération, donc à la fin 2018. Par la suite, son dossier sera révisé chaque deux ans. S'il est remis en liberté, il sera surveillé jusqu'à la fin de ses jours.

Un dernier dossier : le vol d'un faux Stradivarius

Avant de partir, Raynald Leblanc devait en finir avec un dernier chef d'accusation : le vol d'un faux violon Stradivarius, en 1998.

L'instrument avait été dérobé dans le coffre d'une voiture sur la rue Sainte-Catherine à Montréal et retrouvé 16 ans plus tard dans le placard d'une résidence.

Raynald Leblanc a reconnu l'avoir volé et a écopé de six mois d'emprisonnement. Une peine qui n'aura pas de conséquence puisqu'il porte déjà une étiquette autrement plus grave, celle de délinquant dangereux.

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