Retour

Le budget Coderre est applaudi par le milieu des affaires et décrié par l'opposition

Le budget « équilibré » annoncé mercredi par l'administration du maire Denis Coderre pour l'année 2017 suscite à la fois les critiques de l'opposition et l'approbation de la communauté d'affaires de Montréal.

« Rien ne saurait être plus faux », lance le chef intérimaire de Projet Montréal, Luc Ferrandez, lorsqu'il commente les affirmations du maire Denis Coderre selon lesquelles le budget présenté par l'administration municipale est équilibré et respecte la capacité de payer des Montréalais.

Le budget de 5,2 milliards de dollars comporte une hausse de 2,8 %, ou 140,5 millions de dollars, par rapport au budget de 2016.

Qualifié d'« équilibré » et de « discipliné » par le maire Coderre, il prévoit des hausses d'impôt foncier inférieures au coût de la vie estimé à 1,8 % en 2017 par le Conference Board du Canada. Dans son budget, la Ville de Montréal établit à 1,7 % l'augmentation moyenne des taxes pour les propriétaires d'immeubles résidentiels et à 0,9 % celle destinée aux propriétaires d'immeubles commerciaux.

Vaste exercice de marketing?

Mais en conférence de presse, mercredi, quelque deux heures après que le maire eut tracé les grandes lignes de son exercice budgétaire et le bilan de son administration, la première opposition que forme Projet Montréal a taillé en pièces ce qu'il qualifie de « vaste exercice de marketing et d'écrans de fumée ».

Pour ce qui est de la hausse de taxes foncières de 1,7 % en moyenne pour les propriétaires d'immeubles résidentiels, Luc Ferrandez soutient que c'est « trois fois l'inflation ». En effet, dit-il, l'indice des prix à la consommation pour le Québec durant la période couvrant octobre 2015 à octobre 2016 a été de 0,6 %.

Des contributions qui suscitent des interrogations

Luc Ferrandez, qui est aussi maire de l'arrondissement du Plateau-Mont-Royal, se questionne par ailleurs sur l'augmentation du budget dans Ville-Marie. Il affirme que cet arrondissement a versé en une seule année 4 millions de dollars en contributions, dans le cadre d'un « programme de commandites privées », géré par Denis Coderre. Dans les semaines à venir, M. Ferrandez entend bien questionner le maire Coderre à cet effet.

Pendant que des Montréalais sont aux prises avec des problèmes de salubrité dans leur logement, pendant que des bâtiments patrimoniaux tombent sous le pic des démolisseurs, Denis Coderre se paie des projets comme la Formule électrique et se réserve des millions de dollars pour ses lubies passagères. C’est une gestion complètement déconnectée de la réalité des Montréalais.

Luc Ferrandez

La conseillère municipale Laurence Lavigne-Lalonde, également de Projet Montréal, dénonce pour sa part le fait que l'administration montréalaise se targue d'avoir allégé la rémunération globale de la Ville de 51 millions de dollars.

Dans les faits, selon Mme Lavigne-Lalonde, ces économies sont attribuables à la Loi 15 sur la santé financière et la pérennité des régimes de retraite à prestations déterminées du secteur municipal. Même que ladite loi fait réaliser à la Ville de Montréal des économies plus élevées, soit de 69 millions de dollars, poursuit la conseillère de ville.

Pour Laurence Lavigne-Lalonde, l'écart a servi à augmenter le nombre d'employés dans l'entourage du maire Denis Coderre qui a procédé, dit-elle, « à des nominations particulières ».

Enfin, de dire Sylvain Ouellet, conseiller de ville pour Projet Montréal, l'administration Coderre ne s'attaque toujours pas au problème particulier des chantiers sur les artères commerciales et elle ne module pas les taxes des petits commerçants pour alléger leur fardeau financier.

La deuxième opposition que forme le parti Coalition Montréal se fait moins sévère à l'égard du budget, affirmant par communiqué que l'administration Coderre respecte la promesse, prise en 2013 par l'ensemble des partis, de ne pas hausser les charges fiscales au-delà du niveau d'inflation.

Benoît Dorais, chef de Coalition Montréal et maire de l'arrondissement du Sud-Ouest, s'interroge en revanche sur la pertinence de créer 55 nouveaux postes au sein du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM). Il déplore aussi l'ajout de seulement trois postes pour lutter contre l'insalubrité des logements, un secteur où « les besoins sont criants », dit-il, citant le fléau des punaises de lit et des moisissures.

Un autre son de cloche

Mais pour l'Institut de développement urbain du Québec (IDU), ce budget couvrant l'année 2017 est louable, puisqu'il favorisera le développement économique de la métropole.

L'IDU, dirigé par André Boisclair, salue particulièrement les efforts de la Ville de Montréal pour « faire le ménage dans ses finances ». Par voie de communiqué, l'IDU affirme que les investissements faits dans le cadre d'un plan de redressement « vont soutenir la compétitivité et l'attractivité de Montréal ».

De son côté, la Chambre de commerce du Montréal métropolitain considère que le budget « envoie un message positif à la communauté d’affaires », notamment en rééquilibrant le fardeau fiscal des propriétaires d'immeubles résidentiels et non résidentiels. De l'avis de Michel Leblanc, qui est PDG de la Chambre de commerce, la Ville contribue ainsi à créer un environnement d'affaires plus compétitif.

Enfin, la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante (FCEI) se réjouit que « l'administration Coderre semble vouloir poursuivre son plan de contrôle des dépenses et des effectifs, tout en maintenant le cap sur un certain rééquilibrage du fardeau fiscal en faveur des entreprises ».

Ce budget est le quatrième et le dernier préparé par l'administration Coderre, à un an des prochaines élections municipales.

Plus d'articles

Commentaires

Vidéo du jour


Un pilote frôle le sol





Rabais de la semaine