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Le calendrier de la LNH est une entrave à la qualité du jeu

BILLET - Les dirigeants de la LNH se soucient-ils de la qualité des matchs qu'ils offrent aux amateurs de hockey? Est-ce trop demander, quand les partisans paient 150 $, 200 $ ou 250 $ le billet, que les athlètes soient placés dans les meilleures conditions possible pour pratiquer leur sport?

Au cours de la dernière semaine, le Canadien a disputé quatre parties et les amateurs ont assisté à ce qu’il y a de pire dans le monde du hockey. Les hommes de Claude Julien ont amorcé cette séquence dimanche dernier en disputant un deuxième match en deux soirs à Chicago. Puis mardi, jeudi et samedi, ils ont tour à tour accueilli au Centre Bell trois adversaires (Vegas, Minnesota et Buffalo) qui avaient joué la veille dans une autre ville.

Le CH a récolté 6 points sur une possibilité de 8, soit! Sauf que dans quatre rencontres consécutives, les amateurs ont eu droit à un mauvais spectacle où l’une des deux équipes impliquées préservait le peu d’énergie qui lui restait en attendant que surgisse de nulle part une ouverture ou une chance de marquer. Les matchs de mardi (Vegas) et de samedi (Buffalo) étaient particulièrement ternes et dénués d’intérêt. Désolants, même.

  • Des 18 matchs joués par le CH cette saison, la moitié ont été disputés dans des séquences de trois matchs en quatre soirs. Où est l’urgence? Qu’espère-t-on accomplir en compressant le calendrier de la sorte?
  • Par ailleurs, pas moins de 14 segments de deux matchs en 24 heures sont prévus au calendrier du Canadien cette saison. Tout cela, sans compter les 13 autres occasions où Montréal croisera le fer avec un adversaire qui, la veille, aura été impliqué dans une autre rencontre.

Pensons-y un instant : le tiers du calendrier impliquera une équipe reposée à des adversaires qui joueront sur le pilote automatique en espérant que la rondelle bondisse en leur faveur. Bonne chance aux détenteurs de billets!

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Les équipes de la LNH doivent jouer 82 matchs en six mois. Il est clair que les séquences de deux parties en deux soirs sont là pour rester. En fait, elles ont toujours existé. Mais n’y aurait-il pas moyen, au moins, de penser aux amateurs et de les rendre équitables et plus intéressantes?

Ma proposition : faire revivre les matchs aller-retour, qui constituaient naguère l’une des plus belles traditions de la LNH.

Dans les années 1940, 1950 et 1960, il était courant de voir le CH disputer un match au Forum le samedi soir contre les Red Wings, les Bruins ou les Maple Leafs, et de voir les deux équipes monter à bord du train immédiatement après la rencontre et s’affronter dans l’autre ville le lendemain.

En plus d’être très équitable d’un point de vue compétitif, cette situation n’avait pas son pareil pour stimuler les rivalités. Les incidents survenus lors du premier affrontement se transportaient dans le second. Les entraîneurs étaient forcés de s’ajuster. Perdre quatre points au classement en 24 heures contre un adversaire direct pouvait avoir des conséquences catastrophiques.

Par curiosité, j’ai passé en revue tous les calendriers du CH entre le début des années 1950 et le milieu des années 1970. À titre d’exemple, le Tricolore a participé à 11 séries aller-retour (22 matchs) au cours de la saison 1955-1956. À l’époque, le calendrier de la LNH comportait 70 rencontres. Le ratio de séquences de deux matchs en deux soirs était donc beaucoup plus élevé qu’aujourd’hui, mais personne ne s’en plaignait. Les deux équipes luttaient à armes égales et il y avait un enjeu. L’une des deux équipes ne tentait pas simplement de survivre contre des rivaux plus reposés, comme on le voit si souvent aujourd’hui.

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À la suite de l’expansion de 1967, peu à peu, les séries aller-retour ont commencé à se faire plus rares dans la LNH. Elles sont devenues exceptionnelles au début des années 1970, puis elles ont fini par disparaître.

Maintenant que la LNH s’est remise à insister sur les rivalités régionales et à miser davantage sur les matchs disputés à l’intérieur d’un même fuseau horaire pour plaire aux diffuseurs, ce serait tellement facile (et tellement plus intéressant) de faire revivre l’époque des séries aller-retour.

Par exemple, le CH évolue dans la division Atlantique où l’on retrouve huit équipes. Il irait de soi de prévoir une série aller-retour contre chaque rival de division. Et comme la plupart des autres formations de l’Association de l’Est sont situées à proximité les unes des autres, ce ne serait pas sorcier de concocter plusieurs autres séries du même genre.

De nos jours, les séquences de deux matchs en deux soirs sont perçues négativement par les joueurs, les entraîneurs, les amateurs et les diffuseurs, parce qu’elles ne sont d’aucun intérêt, qu’elles détériorent la qualité du jeu et qu’elles désavantagent presque toujours l’une des deux équipes impliquées.

La dernière semaine nous a offert ce qu’il y a de pire au hockey. Il y a moyen de faire mieux.

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