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Le camp de perfectionnement du Canadien, une question d'attitude

Le camp de perfectionnement du Canadien n'était pas encore officiellement commencé que l' « attitude » prenait déjà beaucoup de place. À n'en point douter, voilà désormais le mot-clé cher à l'organisation.

Un texte d’Alexandre Gascon

Ce n’était pas qu’un effet de toge quand Marc Bergevin soutenait ses grands dieux, au bilan de fin de saison, que son équipe aurait été bien meilleure si les joueurs avaient eu la bonne attitude. C’est le concept que le Tricolore souhaite inculquer à ses plus beaux fleurons dès leur arrivée dans la famille (et peut-être aux journalistes).

On y retrouve cette année 23 attaquants, 12 défenseurs et 6 gardiens, dont 9 des 11 joueurs repêchés à Dallas par le CH. Seuls Alexander Romanov, surprenant 38e choix de l’encan, et Brett Stapley (190e) sont absents.

À l’occasion de cette première journée de tests physiques jeudi, les 41 espoirs invités par le Tricolore se promenaient tous avec un chandail où l’on pouvait lire en grosse lettres « Tout ce qui compte, c’est l’attitude », traduction libre de « attitude is everything ».

Le directeur du développement des joueurs, Rob Ramage, et son acolyte, Francis Bouillon, en ont ajouté une couche.

« On veut leur montrer la culture. Ce n’est pas une semaine pour qu’ils nous donnent leur plein potentiel. C’est juste d’apprendre à les connaître. La plupart d’entre eux n’ont jamais mis les pieds à Montréal. C’est d’apprendre la culture du Canadien », a résumé Bouillon, qui amorce sa deuxième saison comme membre de l’équipe de développement du Canadien.

« Kirk Muller a aussi fait un beau discours hier. On veut développer une culture avec ces jeunes pour qu’on sache qu’ils seront prêts quand ils arriveront à Montréal. Le processus pour devenir un Canadien est enclenché », a ajouté Ramage.

Ajoutons à tout cela que le directeur général a envoyé Alex Galchenyuk en Arizona en retour de Max Domi parce que « c’est le genre de gars qui joue pour le logo devant son chandail et non seulement pour le nom qui est inscrit dans le dos » comme l’avait estimé Claude Julien au repêchage, et la nouvelle philosophie du Canadien apparaît de plus en plus claire.

Métier : diplomate

Pour les responsables du développement, le but de ce camp est de casser la glace, de créer des liens avec les jeunes joueurs qu’ils visiteront tout au long de l’année.

Les espoirs sont déjà encadrés par leurs équipes respectives et le travail de Ramage et Bouillon peut s’avérer sensible.

« Les jeunes nous voient arriver et au début, ils sont un peu frileux, ils ne veulent pas vraiment s’ouvrir, ils ne veulent pas partager. Il faut développer une relation. Quand je vais les voir pendant l’hiver, je leur dis ce qu’ils font de bien et de moins bien, ce qu’ils doivent développer », a expliqué Bouillon.

« Ensuite, je fais mon rapport sur le joueur, sur la game sur notre site internet que tous les hauts dirigeants peuvent voir. Je vais laisser savoir ce que j’ai aimé, ce que j’ai moins aimé dans mon rapport. Ce qu’il devrait faire ou changer, d’après Francis Bouillon », a détaillé le Québécois.

Bouillon admet qu’il faut savoir être diplomate, apprendre à naviguer entre ce que le Canadien espère pour ses ouailles et ce que l’entraîneur en fait.

La pépite Jesperi Kotkaniemi, par exemple, a passé la dernière saison à l’aile en ligue élite finlandaise, bien que le Canadien n’ait qu’un seul objectif pour lui : le centre.

Peut-il intervenir dans ce cas précis?

« Je vais devoir amener souper son père (entraîneur de Jesperi, NDLR) dans ce cas », a lancé, à la blague, Rob Ramage.

« Ça va se régler tout seul », a-t-il ajouté du même souffle, sibyllin.

Du pain sur la planche

En congédiant Sylvain Lefebvre et ses adjoints, le Canadien a tranché dans l’éternel débat entre le recrutement et le développement de ses joueurs.

Joël Bouchard en est responsable à Laval, tandis que Bouillon et Ramage assurent le suivi durant la saison avec les joueurs qui n’ont pas encore atteint la Ligue américaine.

La bonne nouvelle pour l’organisation, c’est qu’elle a maintenant de la matière première avec laquelle travailler.

Pour apporter du renfort à son équipe avant les séries éliminatoires, Bergevin avait laissé aller quelques choix au repêchage au cours des dernières années. Montréal a ainsi repêché 11 joueurs lors des encans 2015 et 2016 combinés, soit autant que cette année seulement au Texas.

Avec les sept sélections de 2017, c’est 18 nouveaux joueurs ajoutés en un an, du sang neuf dont l’équipe aura besoin rapidement.

Il y a quatre joueurs des cuvées 2015 et 2016, deux chacun, présents au camp cette semaine. La récolte 2015 est plutôt mince jusqu’à présent, quoique Noah Juulsen pourrait sauver l’honneur de cette bande, mais force est de constater que l’année 2016 a été plutôt prolifique.

Mikhail Sergachev et Victor Mete jouent déjà dans la Ligue nationale; William Bitten et Michael Pezzetta ont signé leur premier contrat avec le club et devraient faire le saut chez les professionnels à Laval cette semaine. On ne vous en voudra pas d’avoir oublié Casey Staum et Arvid Henrikson.

N’empêche que l’avenir du Canadien, sombre ou radieux, est plus que jamais lié au bon développement de cette pléthore de choix des deux derniers repêchages. Particulièrement des centres, neuf au total, en qui est fondé beaucoup d’espoir.

Depuis que Martin Lapointe a été promu comme directeur du personnel des joueurs, cette tâche incombe maintenant à deux anciens défenseurs.

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