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Le Canadien en quête de solutions après quatre matchs

Si Claude Julien a paru un tantinet agacé après les deux défaites de la fin de semaine, il est arrivé décontracté en salle de presse après le revers contre les Blackhawks. Pas de panique, il y a un maître à bord et il cherche des solutions, plutôt loin d'être évidentes pour le moment.

Un texte d'Alexandre Gascon

La malchance. Cet incommode coup du sort qui frappe aléatoirement et qui colle à la peau du CH depuis le début de la saison.

Elle n’explique rien, nous assure-t-on dans le camp tricolore, mais elle est vilaine, ces temps-ci. Et elle s’infiltre, insidieuse, dans les discours.

Charles Hudon l’a d’abord évoquée.

« On se répète chaque fois. On a des lancers [42 contre Chicago, NDLR], on a des occasions. C’est des mauvais bonds qui sautent par-dessus notre palette », a lancé le Québécois.

« Ce n’est pas une excuse. Au moins, on est à la bonne place, a-t-il poursuivi. Le puck arrive, mais arrive mal, il rebondit. »

Drouin a renchéri.

« C’est de la chance, mais ce n’est pas des excuses. Comme sur le deuxième but, ça touche un patin, mais il y a un gars qui est quand même ouvert. C’est à nous de revenir. On ne décide pas des bonds, ça fait partie du hockey. »

Et puis Julien a coupé court à cette litanie.

« On ne peut pas utiliser la chance comme une excuse. Tu ne peux pas t’en remettre à ça, tu dois batailler. On ne veut pas d’excuses, on veut des solutions. C’est comme ça que tu deviens une équipe dure, forte mentalement, parce que tu vas faire face à ça pendant une saison. On doit pouvoir affronter cette adversité de la bonne façon. »

Par moments, le Tricolore semblait mériter un meilleur sort, en effet. Il a tempêté autour du filet de Corey Crawford pendant 15 minutes en première période, et a obtenu cinq chances de marquer de grande qualité, sans en convertir une seule. Le but de Plekanec est survenu sur un tir vif, mais pas foncièrement menaçant.

En troisième période, Hudon en a remis et s'est retrouvé pratiquement seul dans l’enclave, mais vraiment, rien n’y a fait.

D’habitude peut-être, mais là oui. Avec comme résultat que le Canadien a inscrit quatre buts en quatre matchs, deux à cinq contre cinq et deux en désavantage numérique.

La comparaison est peut-être injuste, mais Chicago a marqué 21 fois en 4 rencontres…

La stabilité a ses limites

« Je ne suis pas convaincu que ce sont les trios qui nous empêchent de marquer. C'est la façon dont on doit jouer. On doit trouver le moyen d'aller à l'intérieur. »

L’entraîneur prônait la patience après l’entraînement matinal, mais il a changé son fusil d’épaule après huit minutes au deuxième engagement, huit minutes pendant lesquelles les Hawks s’amusaient sur la glace du Centre Bell.

On a vu un peu de tout. Artturi Lehkonen à la droite de Max Pacioretty et de Drouin, ce que réclamaient à grands cris de nombreux partisans depuis le début de l’année. Paul Byron en compagnie de Tomas Plekanec et de Brendan Gallagher… pour une présence seulement, un trio qui avait pourtant bien fonctionné en fin de saison l’an passé.

Gallagher s’est ensuite retrouvé à la droite de Torrey Mitchell et d'Alex Galchenyuk, tandis que Hudon a joint ses forces à celles de Phillip Danault et d'Andrew Shaw. Il fallait suivre.

D’ailleurs, loin de nous l’idée de s’acharner sur Galchenyuk, mais pendant qu’on en parle, ça a été une autre soirée difficile pour l’ailier. Dès que la pression arrivait sur lui, il se débarrassait de la rondelle, particulièrement en avantage numérique, où ses mauvaises décisions ont compromis des poussées offensives. Ou il a remis la rondelle à l’adversaire. Galchenyuk brillait par son absence dans le vestiaire.

« Les changements ont apporté de l’énergie et des chances de marquer. Je veux être patient, mais en même temps tu dois prendre des décisions et j’ai trouvé que ça a quand même relancé l’équipe ce soir », a expliqué Julien, qui pourrait bien présenter un nouveau visage de sa formation à l’entraînement mercredi matin.

Le pilote du CH demeure confiant, malgré les trois défaites d’affilée.

« Tout le monde ressent la pression qui vient avec le fait de ne pas marquer. À un moment donné, ça va débloquer, on va aider les joueurs à débloquer. Mais pour l’instant, c’est sûr que c’est frustrant pour tout le monde. »

Un avantage numérique toujours blanc

Le Bleu-blanc-rouge a mis l’accent sur la diversité de son attaque et de son potentiel offensif indéniable avant le début de la saison. En fait, huit joueurs de la formation de mardi soir ont déjà atteint le plateau des 20 buts et on peut raisonnablement croire que quatre, voire cinq d’entre eux, pourraient y parvenir à nouveau. Sans compter Lehkonen.

On promettait aussi un avantage numérique dynamique. La rondelle circule rapidement quand les Montréalais ont l’avantage d’un homme, mais pour l’instant, rien n'y fait.

Les Blackhawks les ont tenus en échec cinq fois. Cela porte le total à 0 en 14 depuis le début de l’année.

« On arrive à 5 contre 3 en avant 1-0. Si on réussit à en compter un à ce moment-là, c’est un autre match. Tu dois avoir l’instinct du tueur », a lancé Pacioretty.

« On forçait la note un peu », a ajouté Julien.

Bref, les chantiers sont nombreux et avec les très dangereux Maple Leafs de Toronto qui débarquent en ville samedi soir, on sent poindre un petit sentiment d’urgence.

« Ils sont jeunes et rapides, a noté Julien sur les Leafs. Ils ont beaucoup d’énergie. Ils sortent en force et ont raison de l’autre équipe. Il faut être frais et dispo contre eux. D’un autre côté, si tu joues sur les talons, ils vont te manger vivant. Il faudra les repousser avec notre vitesse. Espérons qu’on jouera avec un peu plus d’énergie. »

Espérons, oui, car après Toronto, c’est la tournée californienne où, historiquement, le CH fait piètre figure.

Soudainement, les débuts de saisons enchanteurs sous l’ère Michel Therrien ne sont plus qu’un lointain souvenir.

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